La Maison peinte de Botyre, une bâtisse du 17e siècle qui hébergera le musée, est en phase avancée de rénovation, alors que l’étude muséographique progresse à grands pas.» Armand Dussex, le responsable du projet, frétille de plaisir: les bisses, ces canaux d’irrigation qui traversent des ravins, des falaises ou des forêts, disposeront, dès l’été 2011, d’une vitrine digne de leur longue histoire. «Le musée, devisé à près de 800 millions, occupera deux étages sur une surface de 270 mètres carrés», souligne Armand Dussex.
L’institution d’Ayent entend marteler la valeur historique des bisses, une dimension parfois délaissée aux yeux du responsable de projet: «Dans l’imaginaire populaire, ces canaux sont trop souvent considérés comme de simples buts de promenade ou réduits à leur rôle de délassement.»
Et d’expliquer: «Le musée viendra corriger cette perception excessivement ludique, marquée du sceau de la consommation de loisirs, en mettant en avant la valeur patrimoniale et ethnologique des bisses, en insistant sur leur riche aspect culturel.»
Analyse de l’objet agricole, présentation du savoir-faire et du courage des constructeurs,
Sans conteste, le musée, véritable réceptacle du patrimoine des bisses, étoffera l’offre touristique du Vieux Pays. Il ambitionne d’ailleurs de se hisser au rang de centre culturel d’Ayent, de point de ralliement des artistes, des artisans, des passionnés et des touristes.
Construits pour la plupart aux 14e et 15e siècles, mais certains dateraient d’avant le Moyen Âge, les bisses amènent l’eau des glaciers jusqu’aux cultures de plaine. «Le Valais compte actuellement environ deux cents bisses qui s’étendent sur près de 1000 kilomètres. Certains d’entre eux sont encore en exploitation», précise Armand Dussex.
Une candidature des bisses valaisans au patrimoine mondial de l’Unesco est envisagée, ont fait savoir, la semaine dernière, les participants à un colloque qui s’est tenu à Sion. Les premières démarches sont prévues cet automne.
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