Il y a la blanche, la blonde et la brunette. Trois versions et tout autant de bouteilles de 3,3 décilitres de La Marmotte, la nouvelle bière locale de Crans-Montana. Celle-ci est brassée depuis quelques semaines par Yves Klinger, le patron de l’Hôtel du Lac. Mais attention, hôtelier il est, hôtelier il reste, d’abord et avant tout.
«J’avais envie de créer quelque chose d’inédit pour la station»
«Brasser une bière de façon artisanale c’est avant tout un hobby pour moi. Je le fais avant tout pour le fun. J’avais en effet envie de créer quelque chose d’inédit pour la station, de créer une ambiance nouvelle, de promouvoir un produit complètement différent du vin», explique Yves Klinger.
Conseillés par des experts, Yves Klinger, son oncle Jörg Fischer et toute leur équipe ont effectué des essais dans les cuisines de l’Hôtel du Lac. Ils se sont rapidement pris au jeu et n’ont pas tardé à s’enthousiasmer. Leur choix s’est finalement porté sur une bière artisanale non filtrée qu’ils ont baptisée La Marmotte en clin d’œil à la marmotte Bibi. Celle-ci est en effet la mascotte touristique de la station de Crans-Montana. Elle possède même son propre espace de jeux pour les enfants à l’enseigne du «Fun Parc Bibi», à proximité du parcours Severiano Ballesteros du golf Cranssur-Sierre.
Déjà en rupture de stock!
L’aventure de la bière artisanale La Marmotte deviendra-t-elle un «sucess story»? Il est bien entendu encore trop tôt pour le dire mais ses débuts sont pour le mois très prometteurs selon Yves Klinger. «Sur les trente-trois établissements que j’ai approchés, trente ont accepté de servir notre bière artisanale. Je trouve cela fantastique», remarque-t-il.
«On prétend souvent que, dans le secteur de l’hôtellerie et de la restauration, nous sommes des individualistes. L’exemple de notre bière artisanale démontre le contraire. C’est bien la preuve que nous sommes capables de tirer à la même corde et que nous sommes en mesure de nous mobiliser autour d’une initiative touristique commune», ajoute-t-il.
En fait, trois semaines à peine après son lancement, la bière artisanale de Crans-Montana a rencontré tellement de succès qu’elle était déjà en rupture de stock! Yves Klinger, qui table sur une production de quelque 40000 litres par année, ne devrait ainsi avoir aucune peine à atteindre cet objectif. Il précise par ailleurs qu’il n’entend pas marcher sur les plates-bandes de la concurrence: «Nous brassons en une année ce que les grandes marques de bières internationales produisent en à peine trente secondes…» Quant à la Siervoise, la bière locale de Sierre, elle n’est pratiquement pas distribuée à Crans-Montana, alors que la bière artisanale à l’enseigne de La Marmotte, elle, restera en montagne, dans la région de CransMontana et d’Aminona. «Nos canaux de distribution ne sont donc pas les mêmes», précise Yves Klinger.
Quoi qu’il en soit, le patron de l’Hôtel du Lac ne compte pas s’enrichir avec «sa» Marmotte: «J’ai investi quelque 200000 francs en matériel de fabrication. Trois personnes sont occupées à la brasserie, de la préparation du moût à la livraison en passant par les différentes opérations manuelles de mise en bouteille et d’encapsulation. Si je retire un seul franc de bénéfice du premier exercice, ce serait déjà très bien!» Et d’ajouter, les yeux brillants: «C’est le plaisir qui me motive: le mien et celui que nous pouvons procurer à la station et surtout à ses hôtes.» On relèvera encore que Yves Klinger a installé sa brasserie dans des locaux attenant à son hôtel.
Un bar à bières où l’on peut suivre la fabrication
Les locaux à proximité de l’Hôtel du Lac se présentent comme suit: le rez accueille un bar à bières où l’on peut suivre la fabrication du moût à partir de l’eau (des Alpes, s’il vous plaît), du malt et du houblon. Le public peut mettre la main à la pâte et bénéficier d’étiquettes personnalisées. Des groupes et amicales se sont déjà inscrits. Quant au processus de fermentation, il dure quatre semaines au sous-sol. Au final, une bière légèrement plus douce et moins gazéifiée que les produits habituels. «Les retours sont positifs mais nous n’en sommes qu’au début. A nous de l’améliorer encore», conclut Yves Klinger.
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