Si, au niveau international, de grands groupes tels que le français Locatel ou le norvégien Otrum se partagent le marché, la Suisse romande tient en Rosari IT Services une petite entreprise aux compétences reconnues. Pour preuve, elle compte parmi ses clients l’Hôtel Negresco de Nice, le Four Seasons Hôtel des Bergues ou encore l’Hôtel de la Réserve à Genève. Max Rosari, CEO de la société, brosse un portrait de la branche et de ses perspectives.
«Il s’agit de la génération iPod»
«Les gens comprennent de moins en moins que, payant le prix fort pour une chambre d’hôtel, cette dernière soit moins bien équipée que leur propre foyer», déclare Max Rosari. En d’autres termes, les fruits frais, la bouteille d’eau, le frigo plein, le fax, voire même une connexion Wi-Fi ne suffiront bientôt plus à satisfaire une clientèle de plus en plus avide de technologies.
Beaucoup de jeunes directeurs l’ont compris et conçoivent désormais le téléviseur de la chambre d’hôtel non plus comme un simple récepteur de programmes télévisés, mais bien comme un moniteur connecté vers le monde extérieur. «Il s’agit de la génération iPod», relève Max Rosari. «Ils sont on-line en permanence, possèdent des iPod, des BlackBerrys etc… En tout cas, pour sûr, le pay per view est mort», ajoute-t-il.
«Nous proposons desFerrari et des vélos»
Une société telle que Rosari IT Services propose des solutions d’IT, de PayTV, de multimédia, d’internet et de communications, totalement customisées et est capable de prendre tout en charge de A à Z. C’est-à-dire fournir les écrans, tirer les câbles, les switchs, mettre en place le Wi-Fi, les téléphones, s’occuper de la délicate gestion des droits d’auteur des films, installer les jeux, l’offre musicale etc…
En matière de signalétique, les exigences divergent également. «Nous proposons des Ferrari et des vélos», sourit Max Rosari. Si certains établissements se contentent de simples messages personnalisés souhaitant la bienvenue au client, d’autres désirent des solutions beaucoup plus pointues. Par exemple, un système qui permette à la femme de chambre de communiquer via le téléviseur au service technique une information de l’ordre de «l’eau chaude de la chambre 504 ne fonctionne pas ou le frigo pose problème».
Le coût se situe entre 100000 et 400000 francs et les clients sont surtout des hôtels 4 ou 5 étoiles. «Nous proposons cependant des offres plus compactes pour des établissements de moindre catégorie», précise Max Rosari. Il s’agit parfois de combler des désirs exorbitants. A l’instar de ce chef d’Etat, qui lors d’un séjour, désirait 26 lignes de téléphone analogiques qu’il a fallu installer en quelques jours. Ou encore ce client qui souhaitait pouvoir surveiller sa Rolls-Royce depuis le restaurant de l’hôtel. «Nous avions placé une webcam dans le parking, reliée à l’écran de son portable, via le téléviseur de sa chambre», raconte le directeur de Rosari IT Services.
Deux grandes tendancesse dessinent pour le futur
A l’avenir, Max Rosari anticipe deux tendances. D’une part, les téléviseurs des chambres seront des «fenêtres vers l’extérieur», de véritables plates-formes de communication. D’autre part, les écrans de télévision diffuseront de la publicité.
Pour l’instant, les hôteliers se montrent plutôt réticents, «mais la vérité c’est qu’ils font déjà de la publicité. Notamment par le biais des brochures de luxe qui font la promotion de marques de très haut de gamme, qu’il s’agisse de bijoux, de montres ou de voitures, et qui sont bien mises en évidence dans leur lobby ou dans les chambres», conclut Max Rosari.
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