03.03.2010
Caméra, mon amour
La vidéosurveillance est une technologie qui tend à se généraliser dans tous les secteurs de la vie sociale.
La vidéosurveillance est une technologie qui tend à se généraliser dans tous les secteurs de la vie sociale. (© fotolia)
La vidéosurveillance séduit la plupart des stations d’hiver. Crans-Montana, une des premières à avoir adopté cette technologie, a fait école.
Eugenio d'Alessio

Pour un touriste, il est rassurant de savoir qu’un parking est sous surveillance, de telle sorte que les caméras contribuent au bien-être de nos hôtes.» Aux yeux de Dominique Fumeaux, le directeur de Crans-Montana Tourisme, la vidéosurveillance, loin de mettre à mal l’attrait touristique des lieux de villégiature, est au contraire un atout de poids: «Nos visiteurs aiment se sentir en sécurité, sans compter que les caméras sont efficaces pour combattre la délinquance et le vandalisme».

Les  incivilités en forte baisse

Ivo Gerosa, le commandant de la police municipale de Crans-Montana, confirme: «Les 86 caméras qui quadrillent l’espace public de la station – les premières ont été installées en 2006 – ont permis de réduire de près de 50% les actes d’incivilité.» Zermatt marche sur les traces de Crans-Montana. Les citoyens de la commune du pied du Cervin ont accepté, le 29 novembre dernier, le principe de la pose d’une douzaine de caméras dans les endroits névralgiques, pour un coût de 150 000 francs. A Zermatt Tourisme, les mines sont réjouies: «Notre station offre une foule d’animations nocturnes qui font le bonheur de nos clients. La vidéosurveillance va leur permettre de festoyer en toute quiétude», explique Marc Scheurer, le directeur du marketing.

Faire échec aux cambriolages
Du côté de Gstaad, la réflexion sur les mérites de la vidéosurveillance remonte à 2005 déjà. «Notre projet a dû rester dans les tiroirs en raison de l’absence de bases légales. Mais avec l’assouplissement de la législation bernoise, intervenue en 2009, nous avons  le champ libre. Nous envisageons d’installer ces prochains mois une dizaine de caméras», révèle Roger Seifritz. Et le directeur de Gstaad Saanenland Tourisme de préciser: «Notre station  veut faire échec aux cas de cambriolages et de vandalisme, toujours plus nombreux, et assurer la sécurité des résidants fortunés, qui constituent la quintessence de notre clientèle.»

Dans les Alpes vaudoises, les gendarmes électroniques pourraient, là aussi, pointer le bout de leur nez:  «Sur sollicitation des écoles privées, des discussions sur la possibilité d’installer des caméras viennent d’être engagées avec la municipalité et les opérateurs touristiques», lâche Serge Beslin, le directeur de Villars Tourisme. Qui poursuit: «Nous accueillons 800 étudiants à l’année. La vidéosurveillance permettrait de les protéger  contre les incivilités. Personnellement, je suis favorable à toute technologie capable d’améliorer la sécurité de nos hôtes.»  Verbier, pour sa part, observe avec retenue le fleuve de louanges que draine la vidéosurveillance. «Il ne faudrait pas donner l’impression d’une station qui vit en permanence sous contrôle. Les gens sont en vacances: épargnons-leur le sentiment d’être épiés», argumente Pierre-Yves Délèze, le directeur adjoint de Verbier Saint-Bernard Tourisme. Et d’ajouter: «Les caméras ne doivent pas être généralisées, mais utilisées de façon ciblée.»

Mais à Verbier également, le train de la vidéosurveillance est lancé, comme le confirme Daniel Philippin,  chargé de la sécurité au Conseil communal de Bagnes: «Le dossier est sur la table. Nous devons maintenant nous assurer que les caméras font l’unanimité. D’ici à fin mars, nous  réaliserons un sondage auprès des hôteliers, des restaurateurs et des résidants. Et nous nous déterminerons en fonction des résultats de cette enquête.»

  
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