cahier français
22.07.2010
Commentaire
Alexandre Caldara

Le monde du marketing touristique pourrait utiliser plus massivement le détournement d’images. Pourquoi se contenter de montrer le prétendument beau et propre en ordre?

On peut aussi interroger le vrai et le faux. Regarder ce qui se cache derrière la montagne. Un armaillis de souche représente-il plus sa région qu’un jeune tatoué qui porte le bredzon? Pas sûr! Une Suisse qui prône la rébellion tout en restant attachée à son patrimoine, comme le fait l’artiste Thomas Hirschhorn peut se vendre aussi, le Japon l’a compris avec les mangas.

Quant à eux, les artistes devraient avoir moins peur de confronter leurs visions à la vie de tous les jours, aux slogans publicitaires, à la tradition. Pourquoi ne pas utiliser son imagination pour réinventer, comme Andy Warhol avec la soupe Campbell?

Amener des sonneurs de cloches au vernissage d’une exposition d’art contemporain ne se résume pas qu’à une opération de communication, aussi intelligente soit- elle. Il s’agit aussi de décloisonner, de communier, faire la fête ensemble autour d’une vidéo pixélisée ou d’une torée. Quelle différence?

Emballer de la musique complexe comme un saucisson permet de se rapprocher du client mélomane. On peut déguster l’art, se lécher les babines après un solo de piano préparé.

Mais partager ne veut pas dire uniformiser, au contraire. Les voyages les plus excitants sont ceux que l’on a jamais fait et qui nous ramènent en enfance.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


«Faire la fête ensemble autour d’une vidéo

ou d’une torée. Quelle différence?»

  
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