Jürg Schmid, depuis 100 jours, vous êtes à nouveau à la tête de ST. Votre bref passage aux CFF a-t-il affûté votre vision?
Cet aperçu de l’extérieur fut un privilège. J’ai voyagé à travers la Suisse et parlé avec les 90 entreprises touristiques les plus performantes et les plus importantes. Une expérience à intégrer dans la définition stratégique du futur.
Vos objectifs pour 2010?
A court terme, nous entendons porter notre effort sur la saison d’hiver déjà très attrayante. Nous avons besoin de solides atouts pour contrer la faiblesse de l’euro. Cet automne, il est prévu de régler les derniers détails organisationnels pour démarrer 2011 dans les meilleures conditions.
Des mesures draconiennes?
Visibles, mais pas radicales. ST est bien positionné et ne nécessite pas de changements révolutionnaires. Toute société a besoin de temps à autre de reconsidérer les grandes lignes de son action.
Une de vos plus grandes inquiétudes concerne la fermeté de notre monnaie et la faiblesse de l'euro. Où cela nous mène-t-il?
Certainement vers des jours difficiles, mais pas dans la misère. Le tourisme suisse est concurrentiel, les chiffres de juillet le prouvent avec un plus de 5,3% de nuitées. Mais les fluctuations des devises agissent toujours avec un certain décalage. Nous avons bien digéré la première vague, nous verrons ce qu’il adviendra pour la seconde. Elle ne sera sensible qu’à la fin de l’automne. Nous sommes 15% plus cher, mais pas 15% meilleurs pour autant.
Dans quelle direction faut-il agir alors, à vos yeux?
Réduire nos prix n’est en tout cas pas une solution. Ce qui est demandé, ce sont des offres attrayantes et, pour répondre à l’euro, il n’y a qu’un travail parfait et beaucoup d’amabilité. En clair, nous devons offrir quinze pour cent de sourires en plus!
Le salut nous viendra-t-il de la Chine, avec 35% de nuitées supplémentaires estivales?
Pas le salut, mais l’avenir. Les Chinois ne peuvent pas compenser les visiteurs allemands. Mais en 2010, bien plus de 500000 nuitées proviennent de Chine, 92% d’augmentation rien qu’en juin et en juillet. La Chine a explosé, c’est incroyable. Les Chinois aiment la Suisse. Pour les dépenses par personne, ils sont en deuxième position pour le shopping, mais pas encore dans l’hôtellerie.
Dans l'hôtellerie, les Chinois ont-ils tendance à préférer le segment à bas prix?
Les Chinois viennent presque exclusivement par des voyagistes et ces derniers se montrent coriaces dans les négociations. Mais les Chinois sont de plus en plus enclins à prolonger leur séjour, réclamant plus de temps passé en Suisse dans leur programme et, dès lors, plus de qualité.
Les hôtels doivent-ils cependant répondre à des besoins particuliers?
Oui, être disposés à travailler avec des voyagistes et adapter la gastronomie. Le Chinois ne mange pas de pain-confiture au petit-déjeuner, mais il veut du thé vert, du riz et de la soupe.
ST reçoit aujourd'hui 190 millions de francs de la Confédération, mais aimerait 50 millions supplémentaires. Est-ce réaliste?
Nous voulons 227 millions de francs pour quatre ans. Le tourisme est soumis à une situation monétaire comme jamais auparavant, mais, dans le même temps, nous avons aussi de grandes ouvertures sur des marchés lointains que nous n’avons jamais eues jusqu’à maintenant. Dans la phase de consultation, la branche doit maintenant obtenir de travailler à huis clos.
La randonnée en Suisse est parrainée par UBS. Son engagement en formule 1 n’est-il pas une contradiction?
La collaboration avec Suisse Tourisme ne couvre que le marché helvétique. A ce jour, UBS a distribué plus de 500000 guides. C’est la meilleure promotion qui soit et je suis reconnaissant à la banque de ce partenariat.
Adaptation Françoise Zimmerli
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