Jürg Schmid, votre passage aux CFF a fait les manchettes des journaux: quel titre avez-vous préféré? Le «top vendeur de billets» ou «l’as de la vente?»
Le «vendeur de billets». La vente est trop souvent sous-estimée et je me sens bien dans cette position. J’aime aussi le titre de cette colonne: «Jusqu'à présent, il a promu le tourisme, depuis peu il promeut les touristes». La preuve que ma nouvelle mission est encore proche du tourisme. D’ailleurs, mon but n’a jamais été de quitter cette branche admirable.
Votre poste à ST est toujours ouvert. Nous dévoilerez-vous votre favori?
Non. Cependant, j’ai un bon feeling et je suis convaincu que tout ira bien. ST est bien positionné, avec des gens de grande qualité. L’erreur serait de vouloir tout changer. Ce qui est demandé actuellement, c’est innover dans la continuité.
De quelles capacités votre successeur doit-il ou doit-elle faire preuve?
Enthousiasmer et convaincre. Et savoir faire preuve de compromis. Les valeurs humaines sont très importantes dans ce job. Ainsi qu’une expérience dans le marketing, dans l’idéal au niveau international.
Quels grands travaux le directeur de ST devra-t-il accomplir ces trois prochaines années?
L’organisation et l’attractivité de la saison d’été. Là, ST doit reprendre le leadership. Le rôle des technologies et le financement de ST.
La politique touristique 2012: quels besoins financiers voyez-vous?
Le secteur devra se battre pour obtenir davantage de fonds, afin que la Suisse puisse participer à la croissance mondiale du tourisme. La branche devra s’unir pour renforcer et préserver notre pays. Certes, le Parlement sait que les moyens engagés dans le tourisme ont un sens, mais il ne faut pas oublier non plus l’inflation à l’échelle mondiale: rien que notre bureau en Chine coûte chaque année huit pour cent de plus.
De quels bords politiques pourrait venir la résistance?
A l’extrême droite, la politique d’austérité l’emporte souvent sur la sympathie dont bénéficie le tourisme. Et à l’extrême gauche, on peint volontiers le tourisme comme un ennemi de l’environnement, ce qui est dépassé, puisqu’actuellement il est le garant de la durabilité.
Et la durabilité en matière de résidences secondaires? De quelle réglementation claire aurions-nous besoin? Une seule recette: restreindre la construction par une législation. Réaménager et rénover les structures existantes au lieu d’en construire de nouvelles devrait être notre nouvelle devise. Mais le lobby de la construction est fort. Si nous continuons de construire dans nos vallées de montagne au même rythme ces 40 prochaines années, alors le tourisme estival est menacé dans son existence.
Seriez-vous prêt à louer votre appartement à Lenzerheide?
Ce sont des lits chauds. Nous sommes une grande famille, donc nous l’occupons souvent. En outre, une obligation de location ne résout pas le problème, tous ces appartements sont construits et lever une taxe ne les ferait pas disparaître. C’est une source de financement intéressante, mais pas un outil de contrôle. Ce qu’il faut avant tout, c’est promouvoir les hôtels, pas les résidences secondaires.
Revenons aux CFF: Que ferez-vous en premier à la tête du trafic des voyageurs?
Je vais d’abord me familiariser avec l’entreprise, dans toutes ses nuances. C’est seulement alors que je déciderai ce que je veux aborder et transformer. Pour cela, j’aurai certainement besoin des fameux 100 jours.
Adaptation Françoise Zimmerli
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