Se rénover ou disparaître. Tel est, grosso modo, le choix qui s’offrait, il y a encore quelque temps, aux remontées mécaniques fribourgeoises vieillissantes. Grâce à une aide extraordinaire de 25 millions de francs accordée, en décembre 2008, par le gouvernement cantonal, c’est le premier des choix qui a pu être retenu. «C’était essentiel pour ces régions, car si vous enlevez le remonte-pente, il ne reste plus rien», résume Antoine Micheloud, directeur des remontées mécaniques du Moléson. Le programme de renouvellements, qui concernera six installations, est entré de plain-pied dans la phase de réalisation à la faveur de la création, en décembre, d’une société d’économie mixte: Remontées mécaniques Fribourg SA. Détenue à 49% par l’Etat de Fribourg et pour le solde par les régions et les entreprises de remontées mécaniques, cette société louera les installations aux entreprises exploitantes. Une formule, apparemment peu connue en Suisse, mais séduisante. «Le modèle fonctionne bien. Nous l’avons utilisé pour la rénovation partielle de nos installations il y a dix ans», indique Antoine Micheloud. «A Charmey, où nous devons remplacer le téléski de Vounez par un télésiège débrayable de quatre places, nous avons d’emblée soutenu totalement ce projet», lance Jean-Pierre Repond, directeur des remontées mécaniques et de l’office du tourisme.
Pour l’heure, la priorité absolue revient toutefois à la construction du nouveau téléphérique du Moléson qui remplacera l’actuelle télécabine. «Ce projet doit absolument être concrétisé en 2011, car la concession arrivera à échéance cette année-là», indique Michel Losey, le président de l’Association fribourgeoise des remontées mécaniques. «Nous espérons débuter les travaux ce printemps et les terminer en automne 2011», précise Antoine Micheloud.
Le renouvellement des installations dynamisera les activités hivernales et estivales des stations. Comme l’a exigé le gouvernement fribourgeois, il devra s’accompagner d’une stratégie de «commercialisation commune claire». «Avec un bon positionnement et le développement des activités estivales, le tourisme des Préalpes fribourgeoises fera une bonne avancée», estime Nicolas Zapf, le directeur de l’Union fribourgeoise du tourisme.
La collaboration entre les stations est cependant déjà bien avancée. Elle se fait notamment sur le plan des abonnements de ski et de la promotion. Les stations diffusent, par exemple, depuis peu un spot télévisé commun portant le slogan «Les Alpes fribourgeoises, c’est du bon ski à bon prix». Cet été, Moléson, Lac Noir et Charmey lanceront un forfait pour découvrir leurs sommets. «Nous voulons nous profiler sous l’angle d’une série de petites stations familiales», explique Antoine Micheloud, rappelant, au passage, que les stations sont relativement distantes l’une de l’autre, ce qui ne permet pas de les vendre sous l’enseigne d’un même domaine skiable. Pour lui, des pistes sont à chercher dans le «host pooling». «Nos domaines ne peuvent guère retenir les clients plus de deux ou trois jours, aussi l’échange d’offres peut être une option à développer. En période d’enneigement peu favorable, nous conseillons à nos clients d’aller aux bains de Charmey ou d’aller voir le palais des glaces au Lac Noir», note encore Antoine Micheloud.
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