Au cœur de Lavaux, dans le triangle Chexbres, Rivaz et Saint-Saphorin, sur quelques hectares, le vignoble ne surplombe pas directement le Léman en coteaux abrupts. Vu d’en haut, il a presque des allures de collines champenoises, à quelques centaines de mètres du Conservatoire mondial du chasselas (lire ci-dessus).
Au sommet du triangle, juste en dessous de Chexbres, dans la végétation, une grande demeure vigneronne construite autour et sur une cave du 16e siècle. C’est le centre névralgique du Domaine Bovy, 11 hectares dans les appellations Epesses, Dézaley, Saint-Saphorin et Chardonne, pour une production de 65000 bouteilles par an.
C’est le domaine des frères Vincent et Eric Bovy, deux des fils de Bernard, pionnier de l’inscription de Lavaux au patrimoine de l’Unesco. Le premier est maître du vignoble, le second maître de l’accueil, une spécialité de la maison.
Car travail de la vigne et du vin oblige, ils ne sont pas nombreux les vignerons de Lavaux à pouvoir afficher une disponibilité permanente, une présence sur place sept jours sur sept. C’est le travail d’Eric, grand communicateur, multilingue prêt à suivre bientôt des cours de japonais.
Dans un grand jardin d’hiver et dans le jardin en terrasse, il y reçoit tout au long de l’année pour des dégustations, des repas, des soirées, des mariages. Par groupes, plus de deux cents l’an dernier, dont une cinquantaine de Japonais, via un réseau qui va d’un grand opérateur aux hôtels de la région en passant par Montreux-Vevey Tourisme.
Sans passer par les foires, «notre politique est de faire venir les gens, de les rencontrer ici», souligne Eric Bovy. Avec pour seule intendance une femme de ménage, tout le reste étant du ressort des traiteurs (une obligation) de la région avec qui il travaille.
Mais en individuel également, «et de plus en plus depuis l’inscription au patrimoine mondial», s’enthousiasme-t-il. Des promeneurs que les commerçants de Chexbres ou le Point «I» adressent aux… Bovy. Et qui reviendront avec d’autres. Pour, vente directe ou consommation sur place, assurer la commercialisation d’un peu moins de 4000 bouteilles. De quoi, avec la location du jardin d’hiver, assurer un salaire et la promotion du domaine.
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