Un projet particulier pourrait bien attirer de nombreux visiteurs. Il s’agit du Parc naturel régional du Doubs (PNRD) dont le territoire comprendrait des communes des cantons du Jura, de Berne et de Neuchâtel. Les villes de La Chaux-de-Fonds et du Locle, inscrites au Patrimoine mondial de l’Unesco, pourraient représenter les portes d’entrée de ce vaste territoire.
Axé sur le développement durable, il devrait proposer à ses hôtes une zone de détente, de découvertes et de loisirs. Les principaux thèmes à relever seraient l’eau, le bois, le cheval (plus particulièrement la race chevaline des Franches-Montagnes), une biodiversité faunistique rare, les murs de pierres sèches, les produits du terroir et le village médiéval de Saint-Ursanne. Puis, les activités artisanales et industrielles basées sur la mesure du temps.
L’association qui y travaille (APNRD) voudrait aussi mettre en évidence l’aspect transfrontalier de cet espace. «Les discussions avec les communes proches de la frontière sont prometteuses», se réjouit Jean-Pierre Beuret, ancien ministre jurassien et président de l’APNRD.
Dix-sept communes suivent le projet avec attention: La Chaux-de-Fonds, Le Locle, Les Brenets, Les Planchettes, La Ferrière, Les Bois, Le Noirmont, Les Breuleux, La Chaux-des-Breuleux, Saignelégier, Les Enfers, Montfaucon, Les Genevez, Le Clos du Doubs, Saint-Brais, Lajoux et Soubey. Par contre, deux villages ne sont pas persuadés des avantages d’une telle initiative. Notamment le maire du Bémont, Roland Noirat: «Je n’y étais pas très favorable, je n’y trouvait pas vraiment d’intérêt. Mais, je considère aussi dommage que l’on passe à côté d’une nouveauté qui pourrait être bénéfique pour la région. Je reste encore indécis. Je doit encore analyser les tenants et les aboutissants du projet». Quant au maire de Muriaux, Pierre-André Gigon, il est catégorique: «C’est un doublon. Les murs de pierres sèches, les produits du terroirs, etc. sont déjà valorisés depuis longtemps.»
Pourtant, le parc bénéficie de contributions fédérales depuis 2009 et jusqu’en 2011, à savoir 200000 francs par année. «Il est accepté par la confédération avec la requête aux communes concernées d’y adhérer. Si une commune refuse d’en faire partie, la finalisation de ce nouveau concept ne pourra pas se faire», indique Jean-Pierre Beuret.
Le président explique l’agenda prévu: «La phase de création doit s’échelonner sur trois ans. Ensuite, l’étape suivante sera celle de la réalisation du parc qui peut durer de dix à douze ans. Puis, toutes les communes devront confirmer leur intérêt définitif. Mais, ce seront les législatifs communaux qui auront le dernier mot. Enfin en 2025, le tout sera réévalué afin de définir si le concept pourra se poursuivre».
Le parc régional du Doubs a déjà fait couler beaucoup d’encre dans les médias. Des membres de l’association ont démissionné en raison de certaines mésententes, mais ont été rapidement remplacés. On peut se demander si la complexité de ce concept, plutôt noble, ne retarde pas l’agenda planifié.
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