Avec des centaines de millions de smartphones et autres tablettes numériques en circulation dans le monde, l’apparition de bornes à écrans tactiles dans l’espace public ne constitue pas en soi une révolution. Pourtant, si cette mise à jour technologique n’a rien de renversant, c’est toute une conception de l’information, du conseil et de la promotion touristique qui s’en trouve modifiée, avec à la clef une pléthore de perspectives nouvelles.
Cartes, plans et orthophotos
Alors que le pas a déjà été franchi dans plusieurs destinations de l’autre côté de la Sarine, la Suisse romande s’y met timidement grâce notamment à l’entreprise Geomatic basée à Epalinges dans le canton de Vaud et à Sierre en Valais.
Spécialisée dans les nouvelles technologies appliquées à la géolocalisation, l’entreprise propose depuis trois mois des bornes tactiles qui comprennent des données de base comme des cartes topographiques, des plans, des orthophotos, etc. A cela s’ajoutent les données des clients afin de proposer un contenu cohérent et pertinent en fonction du but poursuivi.
L’utilisation de ces nouvelles technologies préfigure-t-elle le déclin du contact avec la clientèle comme ce fût le cas à Maribor (voir l'article «Maribor le pari de l'interactif» à droite)? Thierry Pilet, CEO de Geomatic, ne le pense pas et souligne que ses interlocuteurs sont avant tout intéressés par la complémentarité et l’amélioration de la qualité de l’information: «L’idée est vraiment de mettre de l’information là où il n’y en a pas».
Une stratégie bien comprise à Neuchâtel, où l’installation d’une dizaine de bornes est déjà au programme. «Nous avons revu tout notre concept d’accueil et, pour renforcer la qualité globale, nous avons opté en complément pour des bornes tactiles. Cela nous permet d’être présents sur certains sites importants où il n’y a pas forcément besoin d’avoir un office du tourisme, mais où il est nécessaire de dispenser ponctuellement un maximum d’informations à une très large palette de touristes», explique Philippe Streiff de Tourisme Neuchâtelois.
Une manière d'informer sans mobiliser du personnel
Même son de cloche chez Valais Tourisme qui voit d’un bon œil ces nouvelles opportunités: «Il ne faut évidemment pas croire que cela va remplacer les relations humaines qui sont les plus importantes pour le succès du tourisme. Mais il existe des zones hautement fréquentées où il n’y a pas la possibilité de déléguer des gens, comme par exemple les restauroutes, où il serait intéressant de faire de la promotion à travers ces bornes», relève le directeur Urs Zenhäusern.
Ces solutions innovantes offrent également des alternatives pour répondre aux besoins de régions alpines comme le Valais, où l’offre touristique s’étend des berges du Rhône à la pointe du Cervin. Thierry Pilet en est en tout cas persuadé puisque son entreprise propose une ligne de produits outdoor utilisables de -40 à +75 degrés Celsius. «La prochaine que nous poserons devrait se situer à La Vue-des-Alpes».






