Entre ses murs, on y a fabriqué des chaussettes et des collants durant plus de cinquante ans. Les 3100m² de l'ancienne usine Nuthofil Walter à Fribourg abriteront désormais un hôtel 4 étoiles de 65 chambres et suites. Après neuf mois de travaux, la reconversion du bâtiment touche à sa fin. Le gros-œuvre terminé, une chambre-pilote a été aménagée afin de se présenter à une poignée d'invités. L'Hôtel aux Remparts, sixième établissement du groupe romand Hôtels et Patrimoine, ouvrira ses portes en novembre.
Service, confort et salles de conférence pour clientèle d'affaires
Sachant Fribourg dans le besoin d'hôtels, particulièrement en catégorie supérieure, Anne Southam, présidente et co-fondatrice du groupe et son associé Patrick Guénat, ont longtemps prospecté avant de trouver la perle rare. «Nous avons tout de suite été attirés par la taille et l'emplacement de ce bâtiment», relève Anne Southam-Aulas.
Situé à côté de la Porte de Morat, l'établissement est bien desservi par les transports publics, est à proximité de l'autoroute et de Forum Fribourg. Un argument intéressant lorsque l’on s’adresse prioritairement à une clientèle d’affaires. D’ailleurs le sous-sol accueillera quatre salles de séminaire, une grande d’une capacité de 80 places et trois petites de chacune 20 places. Côté service, la réception sera ouverte 24 heures sur 24, mais l'établissement ne proposera pas de restauration, si ce n’est le petit déjeuner.
«Un écho à la gaieté des années 1920»
L'investissement total s'élève à quelque neuf millions de francs, achat du bâtiment compris. De son passé manufacturier, on ne gardera toutefois que les murs. «Avec un petit clin d'œil à la réception où nous avons prévu du béton ciré.»
Les propriétaires se sont chargés eux-mêmes de la décoration d'intérieur. Ils ont préféré un style «Art Deco» à un design brut ou post-industriel.
Les meubles, qui ont été réalisés sur la base de croquis de Patrick Guénat, viennent de Thaïlande, les moquettes du Danemark, les lampes d’Espagne et les rideaux en taffetas de soie sont tissés sur mesure à Lyon. Anne Southam-Aulas évoque «des couleurs chaudes, un écho à la gaieté des années 1920, l'envie d'amener un concept fort qui supporte les lignes droites du bâtiment.»
Et pour rompre également de l'extérieur avec une certaine rigueur liée à l'ancienne affectation du lieu: des façades entièrement végétalisées, amenées à évoluer au gré des saisons.
Autre avantage inhérent à ce type de bâtiment: la hauteur qui atteint les 12 mètres. L'architecte Jean-François Lecouturier en a joué, sans toutefois en abuser, répartissant l'espace sur trois niveaux. «A l'étage, les plafonds ont été volontairement inclinés afin d'éviter que les hôtes ne se sentent perdus dans un vaste espace, mais aussi profiter de davantage de lumière», explique-t-il.
Les fenêtres se veulent spacieuses. Et pour cause: l’édifice peut se vanter d'offrir une belle vue sur les remparts avec en prime, la cathédrale qui se détache lorsqu'on monte au dernier étage. Pour Anne Southam-Aulas, le petit plus qui fait la différence: «Illuminé le soir, c'est magique.»
Sept hôtels au total: Autre chantier en cours à Ecublens
Le groupe Hôtels et Patrimoine mène un deuxième chantier de front:
l'Hôtel des Inventions, situé à Ecublens non loin du site de l'EPFL. Le
septième établissement du groupe ouvrira ses portes en février 2013,
après avoir été passableblement retardé. «Les locataires ont mis trois
ans et demi à quitter les locaux après que nous ayons acquis le
bâtiment», rappelle Anne Southam-Aulas. L'Hôtel des Inventions sera un
trois étoiles de 54 chambres, avec petite restauration. Du Velcro à
l'avion solaire, chaque chambre portera le nom d'une invention. Avec
sept établissements à son actif, le groupe détiendra et gérera 350
chambres au total.






