Au début du nouveau millénaire, le tourisme suisse avait pour la première fois gagné du terrain en termes de compétitivité-prix. Mais, depuis 2009, la situation des prix s’est dramatiquement détériorée. Une étude de BAK Basel, réalisée sur mandat d’hotelleriesuisse et présentée mardi à la presse, à Berne, montre qu’en 2010 le niveau de prix de l’hôtellerie suisse était 22% supérieur à celui des pays de l’UE 4 (Allemagne, Autriche, Italie, France), la différence deux fois plus grande que trois ans auparavant.
Intensifiée par une situation monétaire défavorable, la tendance négative s’est encore accentuée l’an dernier: en septembre 2011, les prix dans l’hôtellerie-restauration des pays de l’UE 4 étaient 32% inférieurs à ceux pratiqués dans notre pays.
Comme facteur aggravant, BAK Basel désigne en première ligne le secteur de l’agroalimentaire. En 2010, le niveau de prix à la production de l’industrie alimentaire dans les 4 pays voisins était 27% inférieur à celui de la Suisse. Si, cette année-là, l’hôtellerie suisse avait pu acheter ses produits alimentaires aux prix pratiqués dans les pays de l’UE 4, elle aurait pu économiser 1,3 mia. de francs.
Mais ce qui reviendrait encore moins cher, serait d’acheter en Allemagne: 1,5 mia. de francs d’allégement dans le porte-monnaie des hôteliers et des restaurateurs. Une différence de prix dont les grands distributeurs allemands entendent tirer profit. Comme Edeka, l’un des trois plus importants grossistes allemands de la restauration, qui a annoncé son implantation en Suisse. Christian Hunziker de BAK Basel salue «chaque pression sur les prix»: «Il est important que ces fournisseurs étrangers viennent à nous.»
Pour démontrer les avantages du libre-échange pour le client, l’étude a établi un menu type pour 4 personnes, 3 plats, boissons comprises. Selon les achats pratiqués dans l’un ou l’autre pays environnants, le potentiel de réduction des prix se répartit entre 2,4 à 7%. Et un pic à 12,7% pour le prix de l’entrecôte. Selon Christoph Juen, CEO d'hotelleriesuisse, tout est parfaitement clair: la branche a besoin d’une libéralisation de la politique agricole, aboutissant à terme à une ouverture des marchés.
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