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cahier français
1.03.2012
Encore sous la menace
L’espoir fait vivre, mais les chances d’une exonération de la TVA s’amenuisent pour l’industrie hôtelière. Lundi, le National a refusé le projet de la branche.
Theres Lagler

Il s’en est fallu de peu. Lundi, par 92 voix contre 88, le National s’est prononcé contre une exonération temporaire de la TVA pour le secteur de l’hébergement. Actuellement, il s’acquitte d’une TVA à un taux préférentiel de 3,8%. La balle est maintenant entre les mains du Conseil des Etats. Si ce dernier suit sa commission préparatoire en répondant aussi par la négative, alors la mesure d’allégement proposée pour l’hôtellerie sera définitivement enterrée.

Des arguments forts de part et d’autre de l’échiquier

Hansjörg Hassler (PBD, GR) a eu beau relever devant le National que «l’an dernier, dans les seules régions touristiques des Grisons, du Valais et de l’Oberland bernois, il manquait 722000 nuitées.» Et d’avancer qu’une exonération complète de la TVA d’avril 2012 à mars 2013 permettrait de dégager 150 millions de francs.

En vain. Car c’est justement cette limite dans le temps qui a provoqué des critiques. Ainsi Philipp Müller (PLR, AG): «Il est naïf de penser que l’on puisse limiter cette exonération à une année. Les mêmes cercles reviendront après un an exiger qu’elle soit maintenue parce que le franc sera encore trop élevé.» Même Alec von Graffenried (Verts, BE), président de Berne Tourisme, s’est exprimé contre cette TVA à 0%: «Aucun établissement ne peut absorber un recul de réservation d’environ 10 ou 15% avec de meilleures économies. C’est évident. Mais nous nous opposons à des mesures selon le principe de l’arrosoir», a-t-il déclaré. «Il appartient à l’hôtellerie de nous faire de meilleures propositions pour savoir comment nous pouvons aider la branche.» Le PS, les Verts, les Verts libéraux et le PLR ont finalement rejeté l’exonération alors que l’UDC, le PBD et le PDC l’ont approuvée.

La pression est forte sur le terrain

Un résultat décevant pour les hôteliers qui sont au front, comme le montre un sondage de htr hotel revue. A Genève, Marc-Antoine Nissille, de l’Hôtel Tiffany: «La problématique monétaire se manifeste de manière moins forte à Genève. Notre clientèle vient à 80% du monde des affaires. Mais le franc fort nous préoccupe dans la perspective des négociations en cours pour les congrès 2015 et 2016. Dans ce cadre-là, on nous dit souvent que nous sommes chers.»

Tandis qu’à Zermatt, Pierre-André Pannatier, de l’Alpenblick, constate de son côté: «Les politiciens ne savent apparemment pas comment appliquer le taux à 0%. Une nouvelle approche serait de créditer les hôteliers du montant de la taxe payée l’année précédente. Car la situation est grave. Par rapport aux meilleures années, nous avons perdu 40% de notre chiffre d'affaires.» Les hôteliers interrogés entendent tous s’attaquer au problème en espérant de meilleures conditions-cadre.

  
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