Le Musée gruérien à Bulle se présente dans un nouvel écrin. Inaugurée ce week-end après 18 mois de travaux, la nouvelle exposition permanente met en évidence une Gruyère du patrimoine et de la modernité. Une conjugaison réussie des deux éléments, confirmée par le développement économique actuel: une poussée démographique sensible, l'ouverture en décembre du RER reliant Bulle à Berne, la production des macarons Ladurée à Enney (lire encadré), la labellisation d'un parc naturel régional, une augmentation de 3 à 5% des nuitées en 2011. Une économie gruyérienne vigousse qui confirme son potentiel touristique.
Une évolution des clichés
Sur 1000m² l'exposition offre une vision actualisée du patrimoine régional. Mais pas contestataire. Les 2000 curieux qui ont découvert l'exposition en primeur ce week-end ont été rassurés: «Il ne s'agit point de déconstruire les clichés, mais de les mettre en perspective, de comprendre d'où ils viennent», explique Isabelle Raboud-Schüle, directrice et conservatrice du musée. Contrairement à l'ancienne exposition qui datait de 1978, Isabelle Raboud-Schüle et Christophe Mauron, conservateur du musée, ont cherché à raconter une histoire. Offrir une vision dynamique. D’où le recours aux supports audio-visuels pour compléter les 1200 objets et images de la collection du musée.
Déclinée en sept chapitres, l'exposition guide le visiteur dans divers univers: industriel, rural, religieux, familial. Une scénographie qui privilégie l'ouverture des espaces thématiques, comme une métaphore de cette Gruyère «qui n'est pas une île». Déjà au 18e siècle, on se rendait à Lyon pour exporter les meules de fromage.
Autre nouveauté: l’exposition en trois langues, français, allemand, anglais. Preuve que l'exposition ne s'adresse pas qu'à un public local, mais bien aux touristes de passage. La directrice espère que la nouvelle exposition drainera 30000 visiteurs par an, soit le double qu’à l’heure actuelle. C'est du moins l'objectif personnel qu'elle s'est fixée.
Explosion de la fréquentation ou non, une chose est sûre: la réouverture du musée stimule les partenaires touristiques. «Ce musée est une plus-value énorme pour Bulle. Il constitue un bon point de départ pour développer d'autres offres touristiques en parallèle», confirme Fabien Mauron, directeur de La Gruyère Tourisme. Un circuit historique dans la ville de Bulle est d'ailleurs déjà prévu pour compléter cette offre.
Et parmi les autres projets qui tiennent à cœur: celui de développer la mobilité entre les différentes attractions touristiques de la région, comme la maison Cailler à Broc, le Château de Gruyères, la maison du Gruyère à Pringy. Un groupe de travail réunissant les partenaires touristiques et les Transports publics fribourgeois y planche déjà. «Les choses commencent à bouger. Mais de longues années de discussions sont encore devant nous!» ironise Isabelle Raboud-Schülé.
Bulle toujours en manque d'établissements hôteliers
Situé à quelques mètres de là, l'hôtel du Cheval Blanc ne pense pas être directement concerné par la venue de nouveaux touristes au musée. «Nous accueillons principalement une clientèle d’affaires. Mais en tant que Bulloise, je ne peux que voir d’un bon œil l’essor touristique et économique de la région», relève la gérante de l'établissement Alexandra Corminbœuf. Et de rajouter qu’elle doit «régulièrement refuser du monde». Des propos qui en disent long sur la nécessité de développer aussi l'infrastructure hôtelière de la région.
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