Une étude a convaincu le groupe Manotel de repositionner l'Hôtel Epsom de Genève. «Je suis impatient, constamment connecté, émotionnel, rapidement ennuyé, non-conformiste. La menace de l’apocalypse, la guerre froide, les années noires du SIDA? Oui, j’en ai entendu parler, mais essentiellement dans les livres. Quant aux transformations morales des années 1960 et 1970, moi, je les trouve plutôt fades, vous pas? Enfin, last but not least, il faut que ça bouge! Je ne supporte pas quand les choses ronronnent!» Qui donc se cache derrière ces affirmations? Cette devinette en forme d’équation sociologique brosse le profil type de ce que les sociologues appellent la génération Y, celle née entre 1980 et 2000. Une génération appelée à prendre le pouvoir tout soudain.
Et c’est aussi la population sur laquelle est tombé le groupe Manotel lorsqu’il a cherché à définir quelle serait la clientèle de demain et en particulier, celle de son 4 étoiles «au potentiel pas encore complètement exploité», explique le président directeur général du groupe Paul Muller.
«Nous aurions pu nous contenter d’injecter 6 à 7 millions pour rénover l’Epsom», poursuit-il. Au lieu de ça, Manotel a préféré casser sa tirelire et en investir le double pour essayer d’offrir à cette génération montante un établissement qui colle au plus près de ses désirs. Par rationalité économique surtout, car «dès 2015, la génération Y composera 40% de la population active. Et 2015, c’est demain», prévient Paul Muller.
Après s’être familiarisé avec les comportements, les besoins et les envies de cette nouvelle génération, Manotel a confié au parisien Patrick Ribes la tâche de les interpréter et de les incarner dans l’espace. Un choix assez sûr puisque cet architecte d’intérieur a déjà concocté quelques petits bijoux tels le Grand Hôtel de Saint-Jean-de-Luz et le mas de Pierre à Saint-Paul-de-Vence ou encore des spas pour Guerlain, Dior ou Givenchy. C’est également un proche du groupe pour avoir déjà rénové deux de ses établissements, le Jade et le Kipling.
153 chambres complètement repensées et connectées
Le résultat promet d’être ouvert et branché, et ce dans tous les sens du terme, puisque l’hôtel sera truffé de technologie, tels des écrans tactiles, en libre-accès. On y trouvera un Business Corner, doté d’un Grab and Go avec des mugs de boissons, des salades, des petites choses à grignoter et à emporter. Le tout à des prix compétitifs. Un bar lounge qui sera le lieu de vie et accueillera des DJs ainsi que des restaurants à cuisine multiethnique. «Le Business Corner se veut très new-yorkais. Avec le Bar Lounge, on est en Californie. Tandis que le restaurant, c’est Hollywood», nous emmène Paul Muller. Du transcontinental tout simplement. Les 153 chambres seront complètement repensées avec une attention particulière portée à la connectivité.
Réouverture en novembre
Et pour aller jusqu’au bout de sa démarche, Manotel a carrément décidé de rebaptiser l’établissement. Bye bye l’Epsom, bonjour l’N’vY (prononcer l’envy ou l’envie). Un nom audacieux qui se veut «en phase avec la volonté de parler le même langage que celui de la clientèle visée, d’utiliser les mêmes raccourcis clavier pour exprimer ‹l’envy›».
Avec cet ambitieux projet devisé à 14,6 millions, Manotel poursuit sa politique d’investissements puisque entre 2000 et 2011, il a rénové l’ensemble de son parc hôtelier pour un montant d’environ 100 millions de francs. L’Epsom sera fermé dès la fin juin et sa mue devrait être achevée avant la fin de l’année.






