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cahier français
22.03.2012
Sur les sentiers du sens
Sandro Benedetti prône un tourisme durable. Il contribue à sauver des voies historiques et invente des sentiers didactiques pour favoriser la diversité.
alexandre Caldara

L'avenir du tourisme passera-t-il par un géographe spécialisé dans le développement durable du tourisme alpin et les projets de valorisation du patrimoine? La question semble provocante. Pourtant, l'autre jour à Chamonix, on n'a pas hésité à demander à Sandro Benedetti, parmi d'autres spécialistes, des recettes pour réinventer le tourisme. Pour lui, partant du constat que plus qu'un visiteur sur quatre pratique le ski, les stations cherchent à se diversifier pour faire plaisir à tous les membres de la famille.

Et pourquoi alors ne pas miser sur la pureté de l'air, les gorges, les glaciers, les montagnes, les habitants? «Il faut revenir aux fondamentaux du tourisme: la découverte, l'aventure, l'expérience originale», souligne le géographe. Informer et sensibiliser s'imposent comme maîtres mots.

Lorsque Sandro Benedetti doit choisir un thème de mémoire en lettres à l'Université de Lausanne, il s'oriente vers le tourisme et le sentier didactique. «Ma famille tient le restaurant le Central de Finhaut depuis 1913, mon père est arrivé en Suisse pour la construction du téléphérique du petit Cervin en 1960. Cela me semblait naturel de m'intéresser au tourisme alpin, dont l'élément fondamental a toujours été le paysage.» Les destinations de montagne prennent conscience de l'importance de valoriser leur patrimoine: «Il faut reconsidérer la beauté et la richesse qui se trouvent sous nos yeux, avant de construire ex nihilo. On veut parfois mettre la cerise, alors que le gâteau s'effrite.»

Aussi géographe indépendant

Dès la fin de ses études, il mène en parallèle une activité de géographe indépendant et devient collaborateur scientifique de ViaStoria (Centre pour l'histoire du trafic). Il réalise des sentiers et expositions à thèmes et accompagne des projets de développement durable et de planification touristique, notamment en lien avec l'agenda 21 des communes. Récemment mandaté par Salvan pour un état des lieux du territoire, il évoque un bassin de compensation CFF des années 1920, «un chef-d'œuvre du béton armé». Ou encore des gravures de l'âge du bronze, une ancienne carrière et des espèces végétales rares. «On ne nous apprend plus à l'école à distinguer les richesses d'un territoire.»

La reconstitution du récit historique fait partie de l'itinéraire

Pour ViaStoria, il réalise l'inventaire fédéral des voies historiques pour les cantons du Valais et de Vaud. Aujourd'hui, il se charge de l'application de cet inventaire: de préserver, de sauvegarder et de valoriser les chemins existants. La reconstitution du récit historique fait souvent partie de l'itinéraire. Sandro Benedetti cite l'exemple de la Via Cook en référence à l'agent de voyage anglais Thomas Cook: «Le journal de sa cliente de 1863 Jemima Morel sert de fil rouge. De nombreux autres clients lui ont emboîté le pas.» Pour lui, les mêmes questions se reposent aujourd'hui: «Ces touristes anglais passaient d'abord et se sont installés peu à peu, amenant en station le confort des villes et ce avant que cela n'arrive dans les villes de montagne. Cela s'est fait de pair avec le développement des voies de communication.»

En évoquant la période actuelle Sandro Benedetti fait référence à la fin au tourisme de première génération et à la nécessité de repenser le tourisme en termes de patrimoine et de paysage: «Une constante».

Les habitants du village peuvent s'intéresser à cette offre

Les publics intéressés par cette diversification du tourisme sont nombreux. «Ils sont exigeants, ils veulent skier, profiter des bains, des caves, des produits du terroir, d'un hébergement de qualité, d'itinéraires et d'informations culturelles à la hauteur. Une offre qui sort de l'ordinaire, sans négliger le confort, le transport des bagages par exemple reste une donnée importante.» Mais ceux qui arpentent la Via Francigena avalent un maximum de kilomètres en un jour et recherchent un hébergement bon marché. Enfin, il s'agit aussi de satisfaire les habitants du village.

Les conséquences de l'initiative Weber sur le patrimoine

Le géographe note qu'au moment du lancement de «1, 2, 3 Chablais» les premiers intéressés furent les habitants des résidences secondaires. Sur l'initiative de Weber, il partage les constats et préoccupations quant à l'afflux de nouvelles constructions, mais est plus sceptique sur le texte. «Les Suisses ont plus voté avec le cœur qu'avec la tête. Cela peut s'avérer néfaste pour la sauvegarde de certains villages où d'anciens bâtiments ne retrouvent preneur que comme résidences secondaires.»

Sandro Benedetti a toujours trouvé des oreilles attentives à ses préoccupations auprès de Suisse Tourisme, Valais Tourisme ou l'Office du tourisme vaudois (OTV). «La collaboration a toujours été positive, elle se fait de plus en plus concrète, par exemple entre Via Storia et Suisse Tourisme qui préparent un programme de promotion des itinéraires culturels.» Il se réjouit que ce ne soit plus considéré comme un marché de niche: «Ces itinéraires sont un des atouts de la Suisse.»

  
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