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Dossier: Agritourisme en suisse
image : Switzerland Tourism / swiss-image.ch / Tina Sturzenegger

Dossier: Agritourisme en suisse

Agritourisme en suisse

Mutation et reconversion pour innover.

Agritourisme

La valeur touristique du site Ô Vergers d'Ajoie

Valérie Falbriad, Directrice de Ô Vergers d’Ajoie: «L'agritourisme permet de retrouver quelque chose que l'on a perdu».
Valérie Falbriad.
Valérie Falbriad.

Valérie Falbriard, où voyez-vous la valeur touristique du site Ô Vergers d’Ajoie, qui a ouvert ses portes à la fin septembre?

Je la vois à plusieurs niveaux. Le magasin, d’abord, qui met en valeur tous les produits régionaux. Puis, le musée consacré aux fruits à la distillation qui revêt une valeur touristique importante pour le canton du Jura. D’autre part, 
ce site n’est pas isolé. Je pense donc au maillage qu’il créera avec les participants au projet Marguerite, les pôles agritouristiques régionaux et les prestataires touristiques.

Quelles sont les conditions pour que ce site perdure?

Il faut que les gens de la région le reconnaissent comme le leur, qu’ils se l’approprient. De notre côté, nous devrons veiller à maintenir la qualité et soigner les coopérations avec nos divers partenaires.

A quels types de coopération pensez-vous?

Nous avons déjà des idées assez précises. Ainsi, un des participants au projet Marguerite organise des balades avec des chars attelés sur lesquels on peut manger la fondue. 
Les touristes pour­raient, par exemple, partir de la gare de Porrentruy en char, manger 
une fondue et visiter le 
musée. Nous examinons aussi avec les offices du tourisme 
les moyens de collaborer sur le plan gourmand. A Courtelary, 
il y a la chocolaterie Camille Bloch, à Bellelay, le fromage 
de la Tête de Moine, voire l’absinthe dans le Val-de-Travers. La mise en place d’un réseau équestre ouvrira également des possibili-
tés de partenariat.

Quel est le potentiel de développement de l’agritourisme dans la région et de 
ce site?

J’ai de la peine à l’évaluer, 
mais la demande pour la nature, les produits, leur traçabilité est là, c’est certain! Et nous sommes ici au cœur de cette demande. L’agritourisme permet de retrouver quelque chose que l’on a perdu. Les enfants ne savent peut-être plus comment se fabriquent les produits. Mon fils ne savait pas ce que c’était un alambic. Aussi, j’ai pu lui expliquer que cet instrument permettait de produire aussi bien de l’alcool que du parfum.

Tourisme et terroir: Une étude en cours pour renforcer les synergies
L’agritourisme, qui concerne en­tre autres les produits du terroir, trouve un bon terreau pour se développer dans le Jura et le Jura bernois. Convaincus de ce potentiel, la Fondation rurale interjurassienne (FRI), Jura Tourisme et Jura bernois Tourisme ont lancé à mi-septembre, dans le cadre d’un programme Interreg, une étude conjointe «pour mieux connaître les habitudes de consommation des produits régionaux et renforcer les synergies entre le tourisme et le terroir». Un premier sondage concernera les habitants du Jura et du Jura bernois. Il cherchera à mesurer notamment la notoriété des marques régionales, l’accessibilité aux produits régionaux ainsi que le lien entretenu avec les produits emblématique comme la Damassine ou la Tête de Moine. Les acteurs touristiques et les producteurs seront aussi sondés. Les résultats de l’enquête seront communiqués au printemps prochain.

Agritourisme

La valeur touristique du site Ô Vergers d'Ajoie

Valérie Falbriad, Directrice de Ô Vergers d’Ajoie: «L'agritourisme permet de retrouver quelque chose que l'on a perdu».
Valérie Falbriad.
Valérie Falbriad.

Valérie Falbriard, où voyez-vous la valeur touristique du site Ô Vergers d’Ajoie, qui a ouvert ses portes à la fin septembre?

Je la vois à plusieurs niveaux. Le magasin, d’abord, qui met en valeur tous les produits régionaux. Puis, le musée consacré aux fruits à la distillation qui revêt une valeur touristique importante pour le canton du Jura. D’autre part, 
ce site n’est pas isolé. Je pense donc au maillage qu’il créera avec les participants au projet Marguerite, les pôles agritouristiques régionaux et les prestataires touristiques.

Quelles sont les conditions pour que ce site perdure?

Il faut que les gens de la région le reconnaissent comme le leur, qu’ils se l’approprient. De notre côté, nous devrons veiller à maintenir la qualité et soigner les coopérations avec nos divers partenaires.

A quels types de coopération pensez-vous?

Nous avons déjà des idées assez précises. Ainsi, un des participants au projet Marguerite organise des balades avec des chars attelés sur lesquels on peut manger la fondue. 
Les touristes pour­raient, par exemple, partir de la gare de Porrentruy en char, manger 
une fondue et visiter le 
musée. Nous examinons aussi avec les offices du tourisme 
les moyens de collaborer sur le plan gourmand. A Courtelary, 
il y a la chocolaterie Camille Bloch, à Bellelay, le fromage 
de la Tête de Moine, voire l’absinthe dans le Val-de-Travers. La mise en place d’un réseau équestre ouvrira également des possibili-
tés de partenariat.

Quel est le potentiel de développement de l’agritourisme dans la région et de 
ce site?

J’ai de la peine à l’évaluer, 
mais la demande pour la nature, les produits, leur traçabilité est là, c’est certain! Et nous sommes ici au cœur de cette demande. L’agritourisme permet de retrouver quelque chose que l’on a perdu. Les enfants ne savent peut-être plus comment se fabriquent les produits. Mon fils ne savait pas ce que c’était un alambic. Aussi, j’ai pu lui expliquer que cet instrument permettait de produire aussi bien de l’alcool que du parfum.

Tourisme et terroir: Une étude en cours pour renforcer les synergies
L’agritourisme, qui concerne en­tre autres les produits du terroir, trouve un bon terreau pour se développer dans le Jura et le Jura bernois. Convaincus de ce potentiel, la Fondation rurale interjurassienne (FRI), Jura Tourisme et Jura bernois Tourisme ont lancé à mi-septembre, dans le cadre d’un programme Interreg, une étude conjointe «pour mieux connaître les habitudes de consommation des produits régionaux et renforcer les synergies entre le tourisme et le terroir». Un premier sondage concernera les habitants du Jura et du Jura bernois. Il cherchera à mesurer notamment la notoriété des marques régionales, l’accessibilité aux produits régionaux ainsi que le lien entretenu avec les produits emblématique comme la Damassine ou la Tête de Moine. Les acteurs touristiques et les producteurs seront aussi sondés. Les résultats de l’enquête seront communiqués au printemps prochain.

Agritourisme: l'exemple valaisan d'Ossona

Le défi de rester un «vrai» paradis

Cela fait dix ans que le plateau d'Ossona, dans le val d'Hérens, revit grâce à l'agritourisme. Des gîtes à la vigne, l'histoire d'une reconversion autant réussie que fragile.
Félix Racot et Bénédicte Dubuis gèrent l’auberge et les gîtes d’Ossona avec pour vision: le respect de la philosophie du lieu.
Félix Racot et Bénédicte Dubuis gèrent l’auberge et les gîtes d’Ossona avec pour vision: le respect de la philosophie du lieu. image : Thierry Sermier
image : Thierry Sermier

L'arrivée à Ossona se fait en douceur. On y accède à pied, le temps de s'imprégner de la nature paisible environnante, portés par les clochettes des chèvres et le cliquetis du bisse. «Vous êtes libre ici. Les gens qu'on accueille sont souvent en quête de calme.» Stéphane Spiess, employé au service et «homme à tout faire», nous emmène jusqu'au gîte qui nous hébergera pour la nuit.

Le plateau d'Ossona fête les dix ans de sa renaissance. Le hameau de la commune de St-Martin, dans le val d'Hérens en Valais, avait été abandonné par ses ­derniers habitants au milieu des années 1960. Il a retrouvé aujourd'hui sa vitalité grâce à un projet agritouristique, porté par la commune, le canton, la Confédération et le Fonds suisse pour le paysage. Au-delà de la renaissance de l'exploitation agricole et de la biodiversité, quatre habitations du 18 et du 19e siècle ont été en­tièrement restaurées. Elles abritent aujourd'hui sept gîtes soit une capacité de 34 lits. Elles sont toutes équipées d'une cuisinette et d'une salle-de-bain, cette pièce ayant été rajoutée au bâti existant. Les gravures dans les poutres rappellent l'histoire du lieu. Tout comme le portrait couleur sépia de Victorine, ancienne habitante de ce mayen, qui nous tient compagnie dans la salle à manger.

«Dans les années 1980, un projet de remontées mécaniques avait été imaginé, mais la concession nous a été refusée. Une décision plutôt mal perçue à l'époque, mais maintenant on se dit: heureusement!» Gérard Morand a été l'une des chevilles ouvrières du projet d'Ossona, en tant que président de commune durant 16 ans. Il préside aujourd'hui la Fondation pour le développement durable de St-Martin. A ceux qui qualifient la démarche de pionnière du tourisme doux, celui-ci répond: «Nous n'avions pas tellement le choix…»

Dix millions investis pour redonner vie au site
Le site puise sa force dans son étendue, 35 hectares de terrain, propriété de la commune depuis 1999. Celle-ci a investi dix millions (dont la moitié provenant d'aides et de subventions) dans la rénovation des habitations, la construction d'une route, de la chèvrerie et de l'auberge qui abrite un restaurant et une salle de conférence. Des 64 bâtisses subsistantes, une cinquantaine seraient potentiellement exploitables. Pour l'heure, elles té­moignent du passé et servent d'abris pour les quelque cent chèvres qui gambadent librement. «Nous les avons temporairement sauvées de la ruine en leur remettant un toit. Les 50 prochaines années devraient être assurées. Après on verra. Une chose est sûre: nous ne les vendrons pas.»

Circuits courts du paiement en farinets à la dégustation du vin Solaris
Ossona vise la durabilité à tous les échelons. Les gérants de l'auberge et des gîtes privilégient les circuits courts et les ressources locales. Ici, on paie en espèces, en farinets (la monnaie locale) ou sur bulletin de versement. Pas de carte de crédit. On ne souhaite pas davantage rejoindre les plateformes de réservation en ligne. «Cela ne colle pas à notre éthique», justifie Bénédicte Dubuis.
A l'auberge, Félix Racot s'approvisionne prioritairement auprès de l'exploitant agricole. A commencer par la viande: de bœuf, de veau, de cabris, d'agneau et de porc. «Nous travaillons tout le bœuf, soit 150 kilos de ­viande ce qui demande une certaine organisation. La clientèle comprendra que nous ne proposons pas tous les jours du filet de bœuf.» Les fromages sont issus de la production laitière locale, les tartes en dessert valorisent les fruits du verger, sans oublier le Solaris, le vin blanc de la maison, vinifié par la cave du Paradou, à Nax.

La vie s'écoule paisiblement à Ossona et c'est cette carte de visite que tous s'engagent à préserver. Situé à 950 mètres d'altitude, orienté plein sud, loin de la circulation avec vue sur les pyramides d'Euseigne, le site veut rester un «vrai» coin de paradis. Et c'est là 
le plus grand défi.

«Le but consiste à pérenniser le lieu sans trop le changer. Nous voulons garder un site à échelle humaine, un équilibre entre le développement agricole et touristique et l'esprit d'origine», estime Gérard Morand.

L'agriculteur contraint de déléguer la partie touristique
La réussite du projet tient pour beaucoup à l'énergie d'hommes pas­sionnés. Le Jurassien Daniel Beuret et sa compagne Maria ­Pires ont jusqu'à l'année dernière assuré les deux volets, l'exploitation agricole et l'accueil touristique, donnant extrêmement de leur personne pour réhabiliter ce vaste site. La charge de travail étant devenue trop lourde, ils ont décidé de sous-traiter la partie hébergement et restauration. Ils ne servent peut-être plus les petits-déjeuners et les repas de midi, mais les visiteurs peuvent toujours assister à la traite à la chèvrerie.

La Valaisanne Bénédicte Du­buis et Félix Racot, cuisinier originaire de Montpellier, ont rejoint le projet au printemps 2017 le cœur plein d'entrain. Le jeune couple, parent de deux petits enfants, ­terminera sa seconde saison le 
4 novembre, non sans une certaine ­fatigue. Ils avouent que ce n'est pas tous les jours facile. La création récente d'une association doit permettre de réunir tous les amoureux du projet, parmi lesquels d'anciens civilistes et d'autres visiteurs acquis à la cause, pour assurer à Ossona un développement harmonieux. Le couple défend une approche durable et locale, s'approvisionne à la ferme ou auprès des producteurs régionaux. «A terme, nous aimerions devenir autonomes, éviter si possible de nous rendre dans un supermarché.» Pourquoi pas aussi réhabiliter le jardin potager, en impliquant la population, comme c'est le cas avec la vigne, entre­tenue par les aînés du village.

«Nous ne voulons pas privilégier la masse, mais la qualité. En même temps, il y a la réalité économique. Le projet est rentable mais guère lucratif. Même si l'argent n'est pas notre moteur, nous devons vivre.» Bénédicte Dubuis estime qu'il y a une marge de progression sur les gîtes, qui ont enregistré 850 nuitées en 2017, ainsi que sur l'accueil de séminaires.

Le couple reste attaché à l'accès sans voiture, refuse de transformer le lieu en un centre de loisirs ou un parc animalier. «Nous voulons avant tout offrir du temps de qualité à notre clientèle.» Les gîtes resteront sans wifi ni télévision. «Revendiquer l'authenticité sans en faire un argument marketing. Une prise de conscience plutôt», nuance Félix Racot. Ce qui n'em­pêche pas le chef d'imaginer des ateliers ponctuels liés au bien-être, pourquoi pas de la cuisine ayurvédique, tandis que sa compagne privilégiera les animations culturelles et sociales. Bénédicte Dubuis tient à une vision durable, en adéquation avec le lieu. «Nous avons plein d'idées mais ne voulons pas nous brûler les ailes trop vite.» A Osssona, la croissance doit avoir du sens.

Laetitia Grandjean

Agritourisme: l'exemple valaisan d'Ossona

Le défi de rester un «vrai» paradis

Cela fait dix ans que le plateau d'Ossona, dans le val d'Hérens, revit grâce à l'agritourisme. Des gîtes à la vigne, l'histoire d'une reconversion autant réussie que fragile.
Félix Racot et Bénédicte Dubuis gèrent l’auberge et les gîtes d’Ossona avec pour vision: le respect de la philosophie du lieu.
Félix Racot et Bénédicte Dubuis gèrent l’auberge et les gîtes d’Ossona avec pour vision: le respect de la philosophie du lieu. image : Thierry Sermier
image : Thierry Sermier

L'arrivée à Ossona se fait en douceur. On y accède à pied, le temps de s'imprégner de la nature paisible environnante, portés par les clochettes des chèvres et le cliquetis du bisse. «Vous êtes libre ici. Les gens qu'on accueille sont souvent en quête de calme.» Stéphane Spiess, employé au service et «homme à tout faire», nous emmène jusqu'au gîte qui nous hébergera pour la nuit.

Le plateau d'Ossona fête les dix ans de sa renaissance. Le hameau de la commune de St-Martin, dans le val d'Hérens en Valais, avait été abandonné par ses ­derniers habitants au milieu des années 1960. Il a retrouvé aujourd'hui sa vitalité grâce à un projet agritouristique, porté par la commune, le canton, la Confédération et le Fonds suisse pour le paysage. Au-delà de la renaissance de l'exploitation agricole et de la biodiversité, quatre habitations du 18 et du 19e siècle ont été en­tièrement restaurées. Elles abritent aujourd'hui sept gîtes soit une capacité de 34 lits. Elles sont toutes équipées d'une cuisinette et d'une salle-de-bain, cette pièce ayant été rajoutée au bâti existant. Les gravures dans les poutres rappellent l'histoire du lieu. Tout comme le portrait couleur sépia de Victorine, ancienne habitante de ce mayen, qui nous tient compagnie dans la salle à manger.

«Dans les années 1980, un projet de remontées mécaniques avait été imaginé, mais la concession nous a été refusée. Une décision plutôt mal perçue à l'époque, mais maintenant on se dit: heureusement!» Gérard Morand a été l'une des chevilles ouvrières du projet d'Ossona, en tant que président de commune durant 16 ans. Il préside aujourd'hui la Fondation pour le développement durable de St-Martin. A ceux qui qualifient la démarche de pionnière du tourisme doux, celui-ci répond: «Nous n'avions pas tellement le choix…»

Dix millions investis pour redonner vie au site
Le site puise sa force dans son étendue, 35 hectares de terrain, propriété de la commune depuis 1999. Celle-ci a investi dix millions (dont la moitié provenant d'aides et de subventions) dans la rénovation des habitations, la construction d'une route, de la chèvrerie et de l'auberge qui abrite un restaurant et une salle de conférence. Des 64 bâtisses subsistantes, une cinquantaine seraient potentiellement exploitables. Pour l'heure, elles té­moignent du passé et servent d'abris pour les quelque cent chèvres qui gambadent librement. «Nous les avons temporairement sauvées de la ruine en leur remettant un toit. Les 50 prochaines années devraient être assurées. Après on verra. Une chose est sûre: nous ne les vendrons pas.»

Circuits courts du paiement en farinets à la dégustation du vin Solaris
Ossona vise la durabilité à tous les échelons. Les gérants de l'auberge et des gîtes privilégient les circuits courts et les ressources locales. Ici, on paie en espèces, en farinets (la monnaie locale) ou sur bulletin de versement. Pas de carte de crédit. On ne souhaite pas davantage rejoindre les plateformes de réservation en ligne. «Cela ne colle pas à notre éthique», justifie Bénédicte Dubuis.
A l'auberge, Félix Racot s'approvisionne prioritairement auprès de l'exploitant agricole. A commencer par la viande: de bœuf, de veau, de cabris, d'agneau et de porc. «Nous travaillons tout le bœuf, soit 150 kilos de ­viande ce qui demande une certaine organisation. La clientèle comprendra que nous ne proposons pas tous les jours du filet de bœuf.» Les fromages sont issus de la production laitière locale, les tartes en dessert valorisent les fruits du verger, sans oublier le Solaris, le vin blanc de la maison, vinifié par la cave du Paradou, à Nax.

La vie s'écoule paisiblement à Ossona et c'est cette carte de visite que tous s'engagent à préserver. Situé à 950 mètres d'altitude, orienté plein sud, loin de la circulation avec vue sur les pyramides d'Euseigne, le site veut rester un «vrai» coin de paradis. Et c'est là 
le plus grand défi.

«Le but consiste à pérenniser le lieu sans trop le changer. Nous voulons garder un site à échelle humaine, un équilibre entre le développement agricole et touristique et l'esprit d'origine», estime Gérard Morand.

L'agriculteur contraint de déléguer la partie touristique
La réussite du projet tient pour beaucoup à l'énergie d'hommes pas­sionnés. Le Jurassien Daniel Beuret et sa compagne Maria ­Pires ont jusqu'à l'année dernière assuré les deux volets, l'exploitation agricole et l'accueil touristique, donnant extrêmement de leur personne pour réhabiliter ce vaste site. La charge de travail étant devenue trop lourde, ils ont décidé de sous-traiter la partie hébergement et restauration. Ils ne servent peut-être plus les petits-déjeuners et les repas de midi, mais les visiteurs peuvent toujours assister à la traite à la chèvrerie.

La Valaisanne Bénédicte Du­buis et Félix Racot, cuisinier originaire de Montpellier, ont rejoint le projet au printemps 2017 le cœur plein d'entrain. Le jeune couple, parent de deux petits enfants, ­terminera sa seconde saison le 
4 novembre, non sans une certaine ­fatigue. Ils avouent que ce n'est pas tous les jours facile. La création récente d'une association doit permettre de réunir tous les amoureux du projet, parmi lesquels d'anciens civilistes et d'autres visiteurs acquis à la cause, pour assurer à Ossona un développement harmonieux. Le couple défend une approche durable et locale, s'approvisionne à la ferme ou auprès des producteurs régionaux. «A terme, nous aimerions devenir autonomes, éviter si possible de nous rendre dans un supermarché.» Pourquoi pas aussi réhabiliter le jardin potager, en impliquant la population, comme c'est le cas avec la vigne, entre­tenue par les aînés du village.

«Nous ne voulons pas privilégier la masse, mais la qualité. En même temps, il y a la réalité économique. Le projet est rentable mais guère lucratif. Même si l'argent n'est pas notre moteur, nous devons vivre.» Bénédicte Dubuis estime qu'il y a une marge de progression sur les gîtes, qui ont enregistré 850 nuitées en 2017, ainsi que sur l'accueil de séminaires.

Le couple reste attaché à l'accès sans voiture, refuse de transformer le lieu en un centre de loisirs ou un parc animalier. «Nous voulons avant tout offrir du temps de qualité à notre clientèle.» Les gîtes resteront sans wifi ni télévision. «Revendiquer l'authenticité sans en faire un argument marketing. Une prise de conscience plutôt», nuance Félix Racot. Ce qui n'em­pêche pas le chef d'imaginer des ateliers ponctuels liés au bien-être, pourquoi pas de la cuisine ayurvédique, tandis que sa compagne privilégiera les animations culturelles et sociales. Bénédicte Dubuis tient à une vision durable, en adéquation avec le lieu. «Nous avons plein d'idées mais ne voulons pas nous brûler les ailes trop vite.» A Osssona, la croissance doit avoir du sens.

Laetitia Grandjean

Actualité

Une capitale des fruits et des eaux de vie

Le Musée suisse des fruits et de la distillation «Ô Vergers d’Ajoie» ouvre ses portes samedi 22 septembre, à Porrentruy. Ce nouveau site agritouristique s’inscrit dans une perspective de tourisme doux, axé sur le terroir et la nature.
Au-delà des espaces d'exposition à l'intérieur, des parcours pédagogiques permettront d’observer la nature au cœur des vergers.
Au-delà des espaces d'exposition à l'intérieur, des parcours pédagogiques permettront d’observer la nature au cœur des vergers. image : Lucie Darbellay
image : Lucie Darbellay

Porrentruy devient la capitale suisse des fruits et des eaux-de-vie. Baptisé «Ô Vergers d’Ajoie», le Musée suisse des fruits et de la distillation ouvre ses portes samedi 22 septembre 2018. Cet espace consacré au tourisme doux compte bien devenir la nouvelle destination des courses d’école, des excursions en famille, des sorties de groupe ou des séminaires d’entreprises.

« Porrentruy n’est plus seulement la capitale de la Saint-Martin, mais également celle des fruits et de la distillation. Ô Vergers d’Ajoie va bien au-delà du musée régional imaginé il y a trente ans pour exposer les alambics de l’ex-Régie fédérale des alcools. Il s’agit d’un centre d’interprétation d’envergure nationale, qui aborde tous les aspects liés à la culture et à la transformation des fruits» explique Pierre Schaller, président de la Fondation du Musée suisse des fruits et de la distillation, dans un communiqué.

Du verger au palais
Ô Vergers d’Ajoie propose une palette d’activités interactives et multi-sensorielles, qui évolueront au fil des saisons. Il retrace le chemin d’une eau-de-vie, d’un sirop ou d’une confiture depuis la floraison des vergers jusque dans le palais du consommateur. «Nous invitons nos visiteurs à voir, à toucher, à sentir et à ressentir. Notre but n’est pas de les submerger de connaissances scientifiques et historiques, mais de les émerveiller et de susciter leur curiosité», indique Pierre Schaller.

Au-delà des espaces intérieurs, des parcours pédagogiques permettront d’observer la nature au cœur des vergers. Situé sur les hauteurs de Porrentry, le musée est relié à la ville par le sentier fraîchement rénové de la Damassine  ou accessible en transports publics. Il sera ouvert du mercredi au dimanche. Le temps de visite dure entre 1h30 et 2 heures.

Dans le cadre du projet «Marguerite»
Ce nouveau site agritouristique s’inscrit dans une perspective de tourisme doux, axé sur le terroir et la nature. Ô Vergers d’Ajoie fait partie du projet de développement régional «Marguerite» qui a pour but de dynamiser le tourisme, notamment l’agritourisme, dans le Jura et le Jura bernois. Il a bénéficié de l’appui de nombreux partenaires et donateurs. (htr/lg)

 

Actualité

Une capitale des fruits et des eaux de vie

Le Musée suisse des fruits et de la distillation «Ô Vergers d’Ajoie» ouvre ses portes samedi 22 septembre, à Porrentruy. Ce nouveau site agritouristique s’inscrit dans une perspective de tourisme doux, axé sur le terroir et la nature.
Au-delà des espaces d'exposition à l'intérieur, des parcours pédagogiques permettront d’observer la nature au cœur des vergers.
Au-delà des espaces d'exposition à l'intérieur, des parcours pédagogiques permettront d’observer la nature au cœur des vergers. image : Lucie Darbellay
image : Lucie Darbellay

Porrentruy devient la capitale suisse des fruits et des eaux-de-vie. Baptisé «Ô Vergers d’Ajoie», le Musée suisse des fruits et de la distillation ouvre ses portes samedi 22 septembre 2018. Cet espace consacré au tourisme doux compte bien devenir la nouvelle destination des courses d’école, des excursions en famille, des sorties de groupe ou des séminaires d’entreprises.

« Porrentruy n’est plus seulement la capitale de la Saint-Martin, mais également celle des fruits et de la distillation. Ô Vergers d’Ajoie va bien au-delà du musée régional imaginé il y a trente ans pour exposer les alambics de l’ex-Régie fédérale des alcools. Il s’agit d’un centre d’interprétation d’envergure nationale, qui aborde tous les aspects liés à la culture et à la transformation des fruits» explique Pierre Schaller, président de la Fondation du Musée suisse des fruits et de la distillation, dans un communiqué.

Du verger au palais
Ô Vergers d’Ajoie propose une palette d’activités interactives et multi-sensorielles, qui évolueront au fil des saisons. Il retrace le chemin d’une eau-de-vie, d’un sirop ou d’une confiture depuis la floraison des vergers jusque dans le palais du consommateur. «Nous invitons nos visiteurs à voir, à toucher, à sentir et à ressentir. Notre but n’est pas de les submerger de connaissances scientifiques et historiques, mais de les émerveiller et de susciter leur curiosité», indique Pierre Schaller.

Au-delà des espaces intérieurs, des parcours pédagogiques permettront d’observer la nature au cœur des vergers. Situé sur les hauteurs de Porrentry, le musée est relié à la ville par le sentier fraîchement rénové de la Damassine  ou accessible en transports publics. Il sera ouvert du mercredi au dimanche. Le temps de visite dure entre 1h30 et 2 heures.

Dans le cadre du projet «Marguerite»
Ce nouveau site agritouristique s’inscrit dans une perspective de tourisme doux, axé sur le terroir et la nature. Ô Vergers d’Ajoie fait partie du projet de développement régional «Marguerite» qui a pour but de dynamiser le tourisme, notamment l’agritourisme, dans le Jura et le Jura bernois. Il a bénéficié de l’appui de nombreux partenaires et donateurs. (htr/lg)