L’Ecole hôtelière de Lausanne a accueilli la deuxième conférence annuelle sur les marchés privés les 5 et 6 juillet. Elle a rassemblé une centaine de praticiens et académiciens de la finance. Pour l’institution lausannoise, les produits d’investissement non cotés présentent un important potentiel. Depuis la crise financière de 2008, le nombre de gérants de fonds de Private Equity a quasiment doublé, relève-t-elle dans un communiqué. Cette conférence émanait d’un partenariat avec l’EPFL, l’Université Paris-Dauphine, Ardian, eFront, Unigestion et Wellershoff&Partners.

Attirer de jeunes talents
«Pour une jeunesse en quête de sens, c’est aussi une activité financière moins abstraite, avec une valeur ajoutée tangible. C’est stimuler l’économie réelle par l’investissement, créer de la propriété intellectuelle, encourager une gouvernance transparente, générer de la croissance et de l’emploi», observe l’EHL. C’est aussi une activité aux dimensions humaines variées. «Le Private Equity est une activité largement dominée par les rapports humains, explique Cyril Demaria, Responsable des marchés privés pour la société zurichoise Wellershoff & Partners. Il s’agit d’établir un rapport de confiance pour travailler ensemble sur la durée. Cela attire les talents, peut-être lassés par les modèles statistiques des marchés cotés et les dimensions déshumanisantes de la finance de marché.»

Ces deux jours de conférence ont attiré des fonds de prévoyance, des caisses de pensions, des assureurs, des banques cantonales, des banques privées zurichoises et genevoises, des family offices, des fonds d’investissements. Ils ont notamment pu entendre les conclusions de Per Strömberg, économiste à l’université de Stockholm et membre du comité Nobel. Il a été mandaté par le fonds souverain norvégien (2e plus gros fonds de pension au monde) pour une analyse de l’opportunité d’investir dans le Private Equity. «Nous avons le temps de nous poser des questions et d’y réfléchir. Un luxe que les praticiens n’ont pas. C’est important que l’on puisse se retrouver, comme à l’EHL, afin de créer un pont entre le monde des affaires et celui de la recherche universitaire», a-t-il expliqué lors d’une interview. Parmi les autres intervenants figuraient Tim Jenkinson et Ludovic Phalippou, tous deux professeurs de l’université d’Oxford.

Un forum pour explorer les dernières avancées
Bien que difficile, investir dans les marchés privés devient de plus en plus populaire parmi les investisseurs institutionnels en raison de l'environnement à faible rendement et du potentiel de diversification des investissements privés. Selon Emmanuel Jurczenko, directeur de l’institut «Hospitality Real Estate Finance» à l’EHL et initiateur de la conférence: «Cet évènement est un forum pour explorer les dernières avancées dans la recherche sur les marchés privés en combinant les perspectives académiques et des praticiens. Il a pour ambition de devenir dans les cinq prochaines années l’un des évènements de référence majeur en Europe dans la recherche sur les investissements privés grâce à la qualité des travaux présentés et à la diversité des acteurs représentés.»

 

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