Surtout pas de précipitation,ni de décisions hâtives.Les destinations romandessondées refusentde céder à la panique face à laparitédu franc suisse et de l'euro.Si cette saison d'hiver devrait pouvoirêtre maîtrisée, du moins pourles réservations déjà confirmées,l'été promet de donner du fil àretordre.Des tours-opérateurs ontdéjà annoncé le non renouvellementde leurs contrats. Les stratégiesdevront être coordonnées, lespositionnements affinés. Les responsablestouristiques se réunirontces prochaines semainespour définir leurs priorités.

Les effets négatifs de la force dufranc attendus dès le mois d'avril
«Il n'y a pas eu d'annulationsmassives pour février-mars à Leysin;l'été et l'hiver prochain nousinquiètent davantage. La Suisseétait déjà chère, elle est désormaistrès chère», observe Pierre-AlainMorard, directeur de l'Associationtouristique Aigle-Leysin-Col desMosses. Anniviers Tourisme s'attendà voir émerger les difficultésà partir d'avril: «Nous avons enregistréquelques annulations ponctuellespour cet hiver. Pâques, quiattire principalement une clientèledu Benelux, s'annonce plus difficile», prévoit Simon Wiget, directeurde la destination. Pareil àAnzère, qui déplore déjà la rupturede contratavec un TO allemand.Selon «Le Nouvelliste», elleimpliquerait la fermeture des hôtelsEden et Zodiac cet été, soitdouze emplois supprimés. «Nousnous réunissons la semaine prochaineavec tous les partenairesafin de nous coordonner. Cet hivern'est pour l'instant pas tropcatastrophique, l'été devrait poserplus de problèmes», concède lacoordinatrice marketing d'AnzèreTourisme Amélie Mudry.

Les responsables touristiquesinterrogés misent sur le développementdes prestations et la qualitéde l'offre. Aucun ne sollicite labaisse des prix, par crainte d'unretour de manivelle. «Manger lesmarges est dangereux; plus que levolume, il importe que les prestatairesfassent du chiffre d'affaires»,estime Sébastien Epiney, directeurde Nendaz Tourisme. Ilplaideen faveur d'une «paletted'offres plus large, sans toucheraux produits existants». Par exemple,des forfaits de ski plus locaux,qui permettraient de proposer destarifs meilleur marché. «Ces propositionsne sont pas qu'une réponseà l'euro; elles permettraientégalement de réagir lorsque lesliaisonsentre les domaines nepeuvent être assurées.»

«La réflexion devra se portersur ce qui coûte cher, à savoir larestauration, les transports et lesloisirs», estime Pierre-André Morard.Il aimerait renforcer les packages,imagine des accès facilitésen transports publics grâce à unpartenariat avec les TransportsPublics du Chablais, imagine desefforts de la part des parcs de loisirs:«Sans forcément réduire lestarifs, en offrant par exemple uneheure supplémentaire.»

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