Daniel Salzmann, mécène et président de la fondation Pierre Arnaud, parle d’une décision «difficile et douloureuse»: le centre d’art de Lens (VS) suspendra ses activités à la fin du mois de mai. Il annule également les expositions. «Les engagements financiers ont été extrêmement conséquents, mais malgré les mesures d’économies qui ont été prises, le déficit prévisionnel pour 2017 reste supérieur à 800'000 francs. Force est également de constater que les soutiens et les subventions diminuent année après année, mettant la Fondation dans une situation toujours plus fragile», écrit-il dans un communiqué. Cette décision s’applique également aux restaurant L’Indigo. Au total 28 collaborateurs seront licenciés à la fin mai.

Sur le Haut-Plateau, cette annonce bouleverse. Dans «Le Nouvelliste», David Bagnoud, président de la commune de Lens, estime que «ce bâtiment a changé la face du village. […] C’est une telle plus-value. Tous les commerçants de la place, mais aussi au-delà en profitent. Lens et Crans-Montana se sont aussi fait connaître ces dernières années grâce à cette offre-là.» Inauguré à la fin 2013, le Centre d’art drainait 47 000 visiteurs par an, confirme l’attachée de presse de l’institution privée. Mais n’a jamais atteint les 70'000 visiteurs escomptés.

La Fondation Pierre Arnaud annonce rechercher «des solutions de gestion et de financement qui lui permettraient de continuer l’exploitation du Centre d’art de manière pérenne». Elle se dit «ouverte à toute discussion avec des mécènes potentiels» et «d’éventuels soutiens ou partenaires sont les bienvenus».

Daniel Salzmann et David Bagnoud espèrent tous deux que ce bâtiment emblématique trouvera un second souffle. Le président de commune n’exclut pas un éventuel rachat. «Si un projet solide et durable se présente pour l’occupation des lieux, la commune pourrait envisager un tel achat.» Du côté de la commune de Crans-Montana, Laurent Bagnoud, en charge de la culture, déclare: «Il faut montrer un intérêt pour pérenniser ce lieu culturel, donner un signal positif aux éventuels mécènes, aider à en trouver aussi.»

En attendant, l’exposition «Symbolisme. Sortilèges de l’eau» est à découvrir jusqu’au 21 mai 2017. (htr/lb)