«A la base, je ne me destinais pas à travailler dans le tourisme. Mon premier métier, c’était la gestion de cinéma. Douze ans à travailler dans les salles, à gérer l’exploitation et même parfois à faire la projection – j’ai même été l’un des derniers formés à manipuler la pellicule en Suisse au début des années 2000, avant l’avènement du digital. Ensuite, un passage par une société de services pour Nespresso International, puis sept années à l’Etat de Vaud pour le service de la culture au Palais de Rumine et Espace Arlaud. Gestion de l’accueil, sécurité, organisation d’événements… autant d’expériences humaines, mais parfois loin des visiteurs internationaux. 

A propos: Vivian Paley, 47 ans, de Ferreyres. Chef du service Information de Lausanne, capitale Olympique 

Une passion: cinéma et basket-ball

Un objectif professionnel: accroître la notoriété de Lausanne et tout ce qui en fait sa richesse 

Une destination phare: New York

Dans ma valise, il y a: du cho-colat, on en a toujours besoin

Et pourtant, dès 2019, je fais le choix de me plonger dans le tourisme lausannois. J’y ai découvert un univers d’une richesse incroyable, à la croisée de la culture, du sport, de l’économie locale, des commerçants et du quotidien des habitants. C’est cette transversalité qui me passionne: le tourisme n’est pas un secteur isolé, c’est un écosystème vivant, où chaque acteur a son importance.

L’avenir du tourisme, je l’imagine avec des changements. Les enjeux climatiques nous obligent à repenser nos habitudes. Voyager moins loin ou plus longtemps peut-être, mais vivre des expériences plus intenses et plus ancrées dans le territoire. Lausanne a tous les atouts pour incarner ce tourisme de proximité: un cadre exceptionnel, une scène culturelle vivante, un lac et des montagnes à portée de main. Mon rôle, c’est d’accompagner cette évolution en veillant à ce que chaque visiteur reparte avec un souvenir authentique.

Cela passe par un accueil humain, sincère, qui reste selon moi la clé de la confiance. Mais cela passe aussi par l’innovation. Je crois beaucoup à la numérisation, à condition qu’elle reste simple et accessible. Une mascotte digitale, des expériences immersives, l’intelligence artificielle au service du voyageur… Le tourisme doit oser être plus fun, plus vivant, parfois moins administratif, tout en restant profondément humain.

Ce qui me guide, ce sont des valeurs simples: la fiabilité, la qualité de l’accueil, le confort des visiteurs mais aussi des collaborateurs et un juste équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Je suis convaincu que l’exigence et la bienveillance ne s’opposent pas, mais se complètent.

Mon parcours est atypique, mais c’est peut-être ce qui fait ma force. Parce que je n’ai pas été formé dans un moule classique, je regarde peut-être le tourisme avec un œil différent. Je n’y vois pas seulement un secteur économique, mais une manière de créer des liens durables, de raconter un territoire et de le faire aimer. Et ça, pour moi, c’est bien plus qu’un métier: c’est une responsabilité qui me tient à cœur.»

La série «Coup de projecteur sur...», réalisée en collaboration avec l’Association suisse des managers en tourisme (VSTM/ASMT), donne régulièrement la parole à des professionnels du tourisme.