Les Auberges de jeunesse suisses (AJS) ont ouvert mi-juillet leur nouvel établissement à Genève, dans le quartier en plein essor de Châtelaine. Répartie sur sept étages, l’auberge compte 61 chambres et 176 lits, destinés aussi bien aux voyageurs de loisirs qu’aux groupes sportifs, aux écoles et aux personnes en déplacement professionnel. Ouverte toute l’année, l’auberge complète son offre d’hébergement par des espaces communs, un restaurant public, des infrastructures sportives et des espaces de travail. En termes d’objectifs, elle compte générer environ 42'000 nuitées pour la première année complète d’exploitation, après la phase de mise en place.
Faits et chiffres
Ouverture: 16 juillet 2026
Durée du chantier: Deux ans
Lieu: Quartier de Châtelaine, proche de l’aéroport
Nombre de chambres: 61 chambres pour 176 lits, avec des chambres doubles, à 4 lits, 6 lits et familiales, dont 23 chambres sans obstacle.
Montant de l’investissement: Non communiqué
Maître d’ouvrage: Fondation suisse pour le tourisme social
Architectes: Lopes & Périnet-Marquet
F&B: Restaurant public (60 couverts), bar et bistrot
Salles de réunion: Espaces de travail publics et deux salles de séminaire
Nombre de collaborateurs: 21 (13 EPT)
Gestion de l’établissement: Luc Merluzzo
youthhostel.ch
«Avec l’Auberge de jeunesse de Genève, nous n’ouvrons pas simplement une nouvelle auberge de jeunesse, mais un lieu de rencontre. Des voyageurs du monde entier y croiseront des hôtes suisses, des clubs sportifs, des classes d’école, des hommes d’affaires ainsi que des habitants du quartier. Cette cohabitation entre des personnes d’origines très diverses est ancrée dans notre ADN», souligne Janine Bunte, CEO des Auberges de jeunesse suisses. Le réseau des AJS renoue ainsi avec Genève. En 2015, l’auberge de jeunesse (franchisée) avait quitté l’association suisse pour devenir l’actuel Geneva Hostel (336 lits, situés à la rue Rothschild).
Ce nouveau projet est le fruit d’une collaboration entre la Fondation suisse pour le tourisme social (FSTS), maître d’ouvrage, la fondation de la Ville de Genève pour le logement social et la Ville de Genève, qui agrandit les infrastructures sportives voisines. «Les architectes Lopes & Périnet-Marquet ont parfaitement compris comment fusionner trois missions de construction très différentes en un nouveau quartier et créer ainsi une valeur ajoutée pour tous», se réjouit René Dobler, CEO de la FSTS.
Le jeu et le sport comme fil rouge
Le concept de l’établissement s’articule autour des thèmes du jeu, du sport et de l’équité. Cette identité se retrouve dans les espaces communs, avec une salle de jeux équipée d’un billard, d’un baby-foot et de jeux de société. L’environnement immédiat renforce cette vocation: terrains de football, halles de sport, centre de fitness et parcours Helsana Trail font de l’auberge un point de chute attractif pour les clubs sportifs et les amateurs d’activités physiques.
«Voyageurs du monde entier côtoieront clubs sportifs, classes d’écoles et habitants du quartier»
Janine Bunte, CEO des Auberges de jeunesse suisses
Au rez-de-chaussée, le restaurant Yoummi est ouvert aussi bien aux résidents qu’aux habitants. Deux salles de réunion d’une capacité de 20 places chacune ainsi que des espaces de travail sont également à disposition.
L’établissement bénéficie d’une situation stratégique. Placé juste à côté d’un arrêt de bus, il permet de rejoindre l’aéroport en 15 minutes et le centre-ville, la gare, le CERN ou le lac en 20 à 30 minutes en transports publics. «L’Auberge de jeunesse de Genève est un véritable enrichissement pour notre offre touristique. Elle propose un hébergement abordable et de qualité, bien situé, tout en étant ouverte à tous», relève Adrien Genier, directeur de Genève Tourisme & Congrès. Et de souligner: «Cela correspond à notre objectif de positionner Genève comme une destination accessible et attractive pour tous.»
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Le réseau s'agrandit
En Suisse romande, les Auberges de jeunesse suisses (AJS) multiplient les chantiers. A Montreux, l’auberge historique – ouverte en 1952 – a fait peau neuve en 2023: nouveau restaurant, terrasse sur le lac Léman et chambres repensées, pour un total de 88 lits. A Martigny, le Bâtiment de l’Horloge, datant de 1645, a bénéficié de deux ans de rénovation avant d’ouvrir en 2025 avec 48 lits au cœur de Martigny. La même année, l’Auberge de jeunesse Val-de-Travers a rejoint le réseau comme établissement associé, avec 56 lits intégrés au centre sportif espaceVAL, à Couvet. Prochaine étape: Neuchâtel. L’ancien collège des Sablons, construit en 1897, se transforme en auberge de 98 lits en plein centre-ville, pour une ouverture prévue en 2028. Idéalement située entre le lac, la vieille ville et la gare, elle devrait enregistrer entre 10'000 et 11'000 nuitées par an. Aujourd’hui, le réseau des AJS compte un total de 44 enseignes indépendantes et 7 auberges de jeunesse associées. Onze d’entre elles se trouvent en Suisse romande.
Petit entretien avec Xavier Rey, président de la Société des hôteliers de Genève
[IMG 2] Xavier Rey, quel est l’état de santé de l’hôtellerie à petit budget à Genève?
La situation est paradoxale. La demande pour une offre économique est robuste, mais proposer aujourd’hui des chambres à bas prix est complexe. Vu les contraintes et les facteurs conjoncturels, il est difficile pour les exploitants de maintenir une offre entrée de gamme.
Est-ce que l’ouverture de l’auberge de jeunesse et du Green Marmot Capsule Hotel marque un tournant dans ce segment?
Il faut relativiser. L’auberge de jeunesse de la Ville de Genève répond à cette demande depuis longtemps. Les nouvelles offres, comme l’auberge de jeunesse de Châtelaine ou le Green Marmot Capsule Hotel, représentent moins de 2 % du parc cantonal de chambres. Parler de tournant est donc un peu fort, mais c’est un signal intéressant. Ces modèles apportent de nouvelles approches. Le Green Marmot fonctionne sans personnel sur place, avec une automatisation complète et des salles de bains partagées. L’auberge de Châtelaine s’inscrit dans un projet plus large mêlant logements sociaux et équipements sportifs. Ce sont deux concepts spécifiques, qui ne sont pas comparables à l’hôtellerie classique. A Genève, avec des conditions-cadres élevées, seuls des modèles très particuliers permettent de tels tarifs.
La demande est néanmoins bien présente?
Oui. Il s’agit notamment de backpackers et de voyageurs très sensibles au prix, qui souhaitent séjourner à Genève à moindre coût. Ces nouvelles offres ne vont pas entraîner une migration des hôtels 3, 4 ou 5 étoiles vers cette catégorie, mais plutôt attirer une nouvelle clientèle. L’impact pourrait davantage se ressentir sur les établissements de France voisine, qui bénéficiaient jusqu’ici de l’avantage prix. Ces concepts permettent de proposer des nuitées plus proches du centre-ville et des pôles d’intérêt, comme le CERN ou l’aéroport. Cela peut aussi être une porte d’entrée vers Genève : des clients découvrent la ville avec ce type d’hébergement et pourront, plus tard, choisir d’autres catégories d’hôtels.
Ce segment va-t-il encore évoluer?
Soyons lucides: ce ne sont pas les concepts qui manquent. Mon exigence, en tant que président des hôteliers, concerne avant tout l’égalité des conditions. Les taxes de séjour, les normes de sécurité incendie, le droit du travail et les conventions collectives doivent s’appliquer à tous de la même manière. Lorsqu’un projet bénéficie d’un accès au foncier ou d’un soutien lié à une opération publique, il est légitime de demander que les règles applicables soient les mêmes pour tous. Ce n’est pas un procès d’intention, mais une question de cohérence.