Genève a pu souffrir parfois de son image de ville-canton à l'étroit sur son territoire. Or, les possibilités sont larges. Pour Genève Tourisme, il y a de quoi prolonger son CityPass avec une formule sur 72 heures. D'autant plus que la nouvelle stratégie des institutions se développe désormais à l'échelle du Grand Genève, y compris en France voisine.

Le Portail de la science, en chiffres

jusqu'à 500 000 visiteurs par an, en capacité d'accueil

des centaines de guides faisant partie du personnel du CERN

des activités pour tous les visiteurs, dès 5 ans

entrée gratuite, avec ouverture 6 jours sur 7

8000 m² de surface totale, dont

1400 m² d'expositions et 260 m² de laboratoires divisés en 5 espaces, dont

3 expositions «hands-on», dotées d'installations inter-actives et ludiques pour permettre aux jeunes et moins jeunes de s'immerger dans l'univers des particules

et 2 laboratoires proposant des expériences à faire

11 ateliers thématiques

1 passerelle haute de 6 mètres pour relier les différents espaces

1 auditorium de 900 places, de conception modulaire, privatisable à la demande pour des conférences et événements

4000 m² de panneaux solaires pour alimenter en énergie le Portail de la science ainsi que d'autres bâtiments du CERN

plus de 400 arbres plantés et 13 000 buissons

1 objectif «neutralité car bone» une fois le centre opérationnel

Le nouveau Portail de la science qui a ouvert ses portes le 7 octobre 2023 au CERN en représente une excellente illustration: il s'agit d'exploiter un potentiel jouant sur les frontières – en l'occurrence, celle séparant Meyrin du pays de Gex, très étendu. Qui n'a jamais été intrigué par les vastes installations du CERN, du nom du Conseil européen pour la recherche nucléaire, organe provisoire institué en 1952 et pensé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, rebaptisé Organisation européenne pour la recherche nucléaire? Le site du CERN rassemble environ 4000 spécialistes internationaux et employés.

Si pour certains les recherches de pointe en physique des particules, qui sont menées ici, peuvent sembler obscures voire inaccessibles au commun des mortels, la directrice générale du CERN Fabiola Gianotti et ses collègues se plaisent à rappeler que les lieux sont bel et bien ouverts à tous les visiteurs: «Nous recevons plus de 300 000 demandes de visites par an», justifient les responsables.

Précisément, le nouveau Portail de la science, qui a ouvert ses portes le 7 octobre 2023, «répond au besoin d'augmenter les capacités d'accueil». Fabiola Gianotti le rappelle, c'est en 2017 qu'elle a lancé l’idée d’un centre unique en son genre, visant à élargir encore les programmes d'éducation et de communication grand public du CERN et à compléter le Globe de la science et de l'innovation, qui fait face. Lumineux et tout en contraste, ce nouveau Portail de la science est doté d'une architecture aux lignes minérales et tubulaires – comme suspendues dans l'espace, tels des accélérateurs de particules – à la fois claires et intrigantes.

«Pas un musée»
Les responsables du CERN le répètent volontiers: ce Portail de la science n'est «pas un musée», mais il veut offrir aux visiteurs «des expériences pratiques, de vrais objets scientifiques, des environnements immersifs et des activités interactives». Dans les salles, la présence sur écran géant de véritables chercheurs, passionnés par leur métier, invite à la découverte.

Corinne Pralavorio, qui supervise la conception des expositions du Portail de la science, se réjouit aussi que le personnel du CERN soit lui-même mobilisé pour assurer la visite, se muant en centaines de guides, bien réels et heureux de transmettre des connaissances.

Trois espaces principaux sont déclinés. D'abord, «Découvrir le CERN» donne un aperçu en version réduite des coulisses du Laboratoire. On y découvre comment les particules sont étudiées, à travers de gigantesques expériences qui enregistrent ces collisions, avec des données traitées par un réseau mondial d'ordinateurs. Ensuite, «Notre Univers» invite à remonter le temps, jusqu'à 13,8 milliards d'années, pour refaire le voyage effectué par les particules qui constituent aujourd'hui tout ce qui nous entoure.

Réseau européen
La salle aux allures intergalactiques nous confronte aux nombreux mystères de l’Univers auxquels les scientifiques essaient d'apporter des réponses. Enfin, sur un mode plus ludique et immersif, «Monde quantique» propose aux visiteurs de jouer avec les lois inattendues des phénomènes quantiques, en s'essayant à de nouvelles activités surprenantes: le «tennis quantique» ou le «karaoké quantique».

Un parcours vous incite aussi à vous transformer un instant en infime particule, pour expérimenter notre monde aux échelles les plus infimes, comme si vous étiez pris dans une sorte de flipper géant.

Je me réjouis que le personnel du CERN soit mobilisé pour assurer la visite.
Corinne Pralavorio, Responsable de la communication du CERN

A l'inverse, et sur un autre plan, le projet de Portail de la science a déjà pris une véritable dimension européenne: il a été conçu par l'agence Renzo Piano Building Workshop, en collaboration avec le bureau d'architecture genevois brodbeck roulet architectes associés.

Côté financement, les 100 millions de francs budgétés ont été entièrement couverts par des dons privés, en premier lieu par la fondation Stellantis (Pays-Bas, France), groupe automobile multinational franco-italo-américain fondé en 2021 résultant de la fusion de PSA Peugeot-Citroën et de Fiat Chrysler Automobiles. On retrouve aussi la fondation LEGO (Danemark) et la Loterie Romande comme partenaires «pour les contenus éducatifs, les spectacles scientifiques et les ateliers en labo» ainsi que le soutien d'une demi-douzaine de fondations suisses et des autorités locales.

Nul doute que ce vaste réseau participera activement à la communication de ce nouveau pôle d'attraction, drainant de multiples visiteurs. Un réseau qui rejoint quelque part le bilan de fréquentation pour l’hôtellerie genevoise établi par Statistique Genève. Si les touristes de Suisse restent la première clientèle, avec 27% des nuitées passées dans le canton, les visiteurs européens se hissent au premier plan au niveau international avec 38% du total des nuitées. On observe une forte progression du Royaume-Uni, talonnant la France, et devant l'Allemagne, l'Espagne ou l'Italie. C'est entre autres de ces pays que sont aussi attendus une grande partie des visiteurs qui se rendront au nouveau Portail de la science.


Vue panoramique

Le téléphérique du Salève rénové

Est-ce une coïncidence, dans un si petit canton? Les deux nouveautés touristiques phares annoncées pour cet automne 2023 se font face, aux deux extrémités du territoire – et même au-delà. A l'ouest, le Portail de la science, donc. Tout à l'est, la rénovation enfin terminée du téléphérique du Salève. A quelques centaines de mètres de la douane franco-suisse de Veyrier, la gare de départ. Une fois que vous êtes monté dans la cabine, la machinerie vous emporte dans les airs, durant 4 minutes, le long d'un câble et d'un trajet vertigineux.

Au sommet, la gare d'arrivée, rénovation et prolongement de l’œuvre initiale de l'architecte genevois Maurice Braillard, réalisée en 1932. Le bâtiment à lui seul et sa longue histoire valent déjà le détour. Il a été complété par un espace exposition, une boutique souvenirs, mais surtout par une vaste terrasse offrant une vue à 360 degrés, y compris sur le Mont-Blanc. Un mur d'escalade de 20 mètres de haut fait partie des activités proposées, en plus de l'aire de parapente voisine et des points de départ de randonnées. Deux bémols, cependant: le restaurant panoramique n'ouvrira qu'en 2024, faute d'opérateur. Et le prix du billet, qui fait déjà grincer les dents, n'inclut pas diverses prestations logées dans les hauteurs.