Marie Forestier, pourquoi vous engagez-vous en politique?
Je m’engage en politique pour trois raisons très simples. D’abord, parce que j’habite à Montreux, une ville où le tourisme est central. En tant qu’hôtelière, je suis directement concernée par ces enjeux. Je pense qu’il est important que les personnes qui vivent et travaillent dans un secteur participent aussi aux décisions qui le concernent. Ensuite, parce que je veux défendre ma branche. Le tourisme est essentiel pour Montreux, mais il doit être compris et accepté. Cela passe aussi par de bonnes conditions-cadres pour les entreprises et les collaborateurs du secteur. Et enfin, pour une raison personnelle: Montreux m’a accueillie et a accueilli ma famille. J’ai envie, à mon tour, de m’engager et de donner du temps à cette ville.
Comment jugez-vous l’engagement politique de la branche?
Je dirais que l’engagement politique de la branche existe, mais qu’il reste encore trop limité au niveau individuel. Nos associations professionnelles, qu’elles soient locales, régionales ou nationales, font un excellent travail pour défendre les intérêts de l’hôtellerie. En revanche, lorsqu’on regarde l’engagement personnel des hôteliers en politique, ils sont encore peu nombreux. Dans le canton de Vaud par exemple, nous n’étions que six à nous présenter aux élections communales, alors que la branche est bien plus large. Je pense que certains hésitent par peur d’associer leur établissement à une étiquette politique. Je comprends cette prudence, mais je crois que l’impact est en réalité très limité. Au contraire, l’engagement politique est important pour que notre secteur soit représenté et compris. J’encourage donc clairement les acteurs de l’hôtellerie à s’engager davantage.
Quel est l’avantage pour la branche lorsque des entrepreneurs s’engagent en politique?
L’avantage, c’est d’abord d’apporter l’expérience du terrain dans les décisions politiques. En Suisse, notre système repose beaucoup sur l’engagement de personnes issues de la société civile. Des entrepreneurs, des artisans, des enseignants ou des hôteliers qui s’engagent en politique amènent avec eux leur réalité quotidienne. Pour la branche, cela permet aussi d’avoir une meilleure compréhension de nos enjeux. Les associations professionnelles font un travail très important pour défendre nos intérêts, mais lorsque des entrepreneurs sont eux-mêmes autour de la table politique, ils peuvent expliquer concrètement ce que signifient certaines décisions pour les entreprises, les emplois ou l’attractivité d’une région. Enfin, cela contribue à renforcer le lien entre l’économie et la politique locale. Dans des villes comme Montreux, où le tourisme joue un rôle central, il est important que cette réalité soit bien comprise dans les décisions politiques.
Il est important que les personnes qui vivent et travaillent dans un secteur participent aussi aux décisions qui le concernent.
Le niveau communal est-il parfois sous-estimé?
Je pense que ce niveau est parfois sous-estimé, alors qu’il est en réalité très déterminant. Beaucoup de décisions qui ont un impact direct sur notre branche se prennent au niveau communal : l’aménagement du territoire, la mobilité, les infrastructures ou encore les règles liées aux constructions et aux transformations. Pour les hôtels, ces conditions-cadres sont essentielles. Qu’il s’agisse de construire un nouvel établissement, de rénover un bâtiment ou d’adapter une infrastructure existante, beaucoup de décisions et d’autorisations dépendent de la commune. Dans une ville comme Montreux, où le tourisme joue un rôle central, ces choix influencent directement l’attractivité de la destination. On le voit par exemple avec les grandes infrastructures touristiques, comme le centre des congrès actuellement en rénovation. Ce type de projet a un impact direct sur l’activité des hôtels, sur l’économie locale et sur le positionnement de la destination à long terme.
Comment rendre la branche plus visible dans le débat politique?
Pour être plus visible dans le débat politique, la branche doit avant tout être présente et prendre la parole. Le tourisme et l’hôtellerie jouent un rôle essentiel pour l’économie, l’emploi et l’attractivité de nombreuses régions, mais cette contribution n’est pas toujours suffisamment perçue dans les discussions politiques. Il est donc important que la branche explique davantage son rôle et ses enjeux. Les associations professionnelles font déjà un travail très important, mais l’engagement individuel des acteurs du secteur compte aussi beaucoup. Dans une destination comme Montreux, le tourisme fait partie de l’identité et de la vitalité de la ville. Il est donc primordial que la branche participe activement au débat politique et aux décisions qui concernent l’avenir de la destination.
Comment encourager davantage de représentants de la branche à s’engager politiquement?
Je pense qu’il faut avant tout encourager et montrer l’exemple. Beaucoup de professionnels du secteur pensent que la politique est compliquée ou qu’elle demande trop de temps. Mais en Suisse, le système de milice permet justement de s’engager tout en continuant son activité professionnelle. Et surtout, beaucoup de décisions politiques ont un impact direct sur notre branche. Plus les acteurs du tourisme et de l’hôtellerie en seront conscients, plus ils auront envie de participer aux discussions.
Quels dossiers touristiques devraient être prioritaires à Montreux?
Plusieurs enjeux me paraissent prioritaires. D’abord, le centre des congrès, dont la rénovation est un projet majeur pour Montreux. C’est une infrastructure essentielle pour le positionnement de la destination et pour toute l’économie locale, notamment l’hôtellerie. Il est également important de poursuivre une politique touristique claire, avec un objectif de tourisme de qualité, dont les Montreusiennes et les Montreusiens peuvent être fiers et dont ils voient aussi les bénéfices pour la ville. Je pense aussi qu’il faut continuer à créer des conditions-cadres favorables pour les entreprises et travailler à faire de Montreux une ville vivante toute l’année, avec des commerces, des événements et une activité qui profitent autant aux habitants qu’aux visiteurs. Enfin, la question du logement et de l’aménagement du territoire est essentielle. Le Plan d’affectation communal (PACOM) est aujourd’hui bloqué, alors qu’il est nécessaire pour donner une vision claire du développement de la ville et permettre d’avancer sur les projets futurs.
