Bastian Baker, vous animerez avec Jennifer Bosshard la première édition des Swiss Hospitality Awards le 3 juin à Berne. Que pensez-vous des prix et des cérémonies de remise de prix? 
Je trouve que les prix peuvent être particulièrement motivants pour les personnes qui veulent aller de l’avant. Quand on a créé quelque chose de beau ou d’exceptionnel, une telle reconnaissance fait du bien. En général, les cérémonies de remise de prix permettent de rencontrer des gens de son secteur. On y discute beaucoup, de nouvelles idées naissent, il y a de nombreux moments créatifs. Je trouve cela particulièrement important. 

Bastian Baker 
L'auteur-compositeur-interprète Bastian Baker est originaire de Lausanne. Le musicien s’est fait connaître en 2011 avec son premier album «Tomorrow May Not Be Better» et a depuis remporté plusieurs Swiss Music Awards. Il a été découvert par Claude Nobs, cofondateur du Montreux Jazz Festival. Bastian Baker s’est déjà produit sur scène avec Shania Twain et s’engage en tant qu’ambassadeur de l’Unicef pour les droits des enfants. 

Le jury récompense l’excellence dans l’hôtellerie: quels sont pour vous les petits détails qui font la différence dans un hôtel? 
Je passe presque tous les jours de ma vie à l’hôtel, c’est pourquoi il y a beaucoup de choses auxquelles je prête attention. La première impression compte beaucoup. Si je suis accueilli chaleureusement dans un mauvais hôtel, je me sens quand même bien. Si j’arrive dans un hôtel haut de gamme et que je suis mal accueilli, j’ai tout de suite envie de critiquer. J'apprécie particulièrement un check-in efficace, des chambres propres et un petit verre de bienvenue est toujours un plus (rires). 

Etes-vous plutôt un hôte facile à contenter ou êtes-vous attentif à chaque détail? 
Je suis un client très simple. Mais certaines choses doivent être au rendez-vous, comme un bon lit avec plusieurs oreillers et la possibilité d’ouvrir la fenêtre. Mais j’ai déjà tout vu: des chambres qui n'avaient pas été nettoyées ou le client précédent encore présent dans la chambre. En général, je ne passe pas beaucoup de temps dans ma chambre, je suis toujours en déplacement. 

Où voyez-vous des parallèles entre votre métier d'artiste et l'hôtellerie? 
Les professionnels de l'hôtellerie et les musiciens sont tous deux des travailleurs assez «rock'n'roll» : grâce à mon métier, je me suis fait beaucoup d'amis hôteliers. Nous nous comprenons parce que nous avons des horaires de travail similaires et que nous investissons de nombreuses heures dans notre passion. Dans ces deux métiers, on travaille parfois jusque tard dans la nuit. Dans l'hôtellerie, on cherche à créer des expériences uniques pour ses clients, c'est exactement ce que j'essaie de faire sur scène. 

Les chambres d’hôtel sont-elles propices à l’écriture de nouvelles chansons? 
J’ai déjà écrit des chansons dans des chambres d’hôtel à plusieurs reprises. Pour moi, l’important est qu’il y ait toujours du papier et un stylo. Mais quand j’entre dans une chambre qui n’a ni charme ni caractère, je me sens tout de suite déprimé. En revanche, si j’arrive dans une chambre sympa, joliment décorée, avec peut-être des fleurs ou des plantes, cela favorise la créativité. J’ai vécu six ans au Royal Savoy à Lausanne. C'était chez moi quand j'étais en Suisse. J'y trouvais beaucoup d'inspiration. Je me souviens de ma première nuit là-bas: je me sentais comme un poète du XVIIe siècle. On retrouve souvent cela dans l'histoire du rock'n'roll: beaucoup de musiciennes et de musiciens n'avaient pas envie d'avoir leur propre appartement et restaient longtemps à l'hôtel – pour le service, l'ambiance et parce qu'on n'est tout simplement pas seul. 

J'aime le jus de poire et il m'arrive parfois d'en trouver dans ma chambre. J'apprécie beaucoup cette attention  personnalisée

Les besoins des clients évoluent grâce aux nouvelles technologies: de nombreuses étapes, de la réservation au départ, sont désormais numérisées. Appréciez-vous ce type d'évolutions ou vont-elles trop loin? 
Quand les outils numériques restent une option, je trouve cela très bien. Mais s’ils deviennent le seul moyen, là, ça ne me convient plus du tout. Bien sûr, les check-in numériques et l’IA peuvent rendre les choses plus efficaces. Cela donne peut-être aussi un sentiment de plus grand contrôle. Mais pour les demandes un peu inhabituelles, les recommandations ou simplement le plaisir d’être bien accueilli, le contact humain reste essentiel à mes yeux.

En toute honnêteté: qu’en est-il de l’hospitalité suisse en comparaison internationale? 
J'ai eu de bonnes et de mauvaises expériences partout. La plus grande différence entre la Suisse et l'Allemagne est probablement la ponctualité, par exemple au petit-déjeuner. S'il est servi jusqu'à 10 heures, je fais partie de ces casse-pieds qui se présentent à la porte à 9 h 58. Je suis en tournée, j'ai besoin de chaque seconde de sommeil, mais je veux quand même prendre mon petit-déjeuner. A l'étranger, je n'ai jamais eu de mauvaises expériences à ce sujet. Il restait toujours quelque chose au buffet, ou on me préparait une assiette. En Suisse, il peut arriver qu’il n’y ait plus rien, et ça me stresse. 

De quelle expérience hôtelière parlez-vous encore aujourd’hui? 
En Suisse, ce sont toujours les séjours au Bürgenstock. A l’étranger, j’ai dormi une fois dans la suite présidentielle au Hyatt de Singapour. Je n’avais jamais vécu ça! Si j’oubliais quelque chose dans la salle de bains, je devais marcher trente minutes. Il fallait un diplôme universitaire pour faire fonctionner la douche, tant il y avait de boutons et d’options. J’apprécie aussi beaucoup quand l’hôtel se renseigne à l’avance sur le client. J'aime le jus de poire et il m'arrive parfois d'en trouver dans ma chambre. J'apprécie beaucoup cette attention personnalisée.

Texte traduit de l'allemand


Swiss Hospitality Awards 2026 

Les Swiss Hospitality Awards seront décernés pour la première fois le 3 juin 2026 à Berne, en marge du Hospitality Summit. Cet événement consacrera l’excellence et l'accomplissement de grands projets. Réjouissez-vous d’une soirée festive et élégante, pleine d’inspiration et d’émotions. Jennifer Bosshard et Bastian Baker animeront la soirée de remise des prix. Divertissement et glamour garantis. 

Programme du Hospitality Summit 2026